Présentation du livre de noël nel : "pour un nouveau socialisme" Imprimer
Écrit par Administrateur   
Samedi, 08 Janvier 2011 21:55

Noël Nel, président du forum progressiste 54Pour_un_nouveau_socialisme_180Noël Nel, président du forum progressiste 54, est agrégé de lettres modernes, docteur en Sciences de l'Information-communication. Auteur de livres et d'articles sur les médias, il est membre du parti socialiste, secrétaire fédéral aux Etudes, il publie un ouvrage de 340 pages, fruit d'un travail de 18 mois ,dans lequel il tente de définir les fondements d'un socialisme du XXIème siècle.
Le livre comporte cinq chapitres intitulés « Pour un nouveau paradigme socialiste », « Pour une alliance des civilisations », « Pour un nouveau modèle républicain », « Pour un nouveau progressisme », « Pour un développement humain ».
Il intègre les valeurs progressistes notamment défendues par Ségolène Royal, Edgar Morin, Marcel Gauchet, Pierre Calame...

Pour un nouveau paradigme socialiste (Chapitre 1)

Ce premier chapitre repense les fondements du socialisme. Il opte pour la complexité en politique, en visant ce qu’Edgar Morin nomme « la métamorphose ».
[Télécharger] Cela conduit à d’abord à critiquer les grandes doctrines de référence (capitalisme - libéralisme, marxisme), en critiquant aussi le socialisme démocratique. Il tire les leçons du XXème siècle, notamment celles des totalitarismes.
Pour repenser les fondements du socialisme démocratique, il propose d’en conserver le noyau identitaire et d’intégrer les nouveautés modernes que sont la question anthropologique (place de l’individu), la conception planétaire de l’action découlant de l’écologie, la redéfinition d’un projet d’émancipation.
Il s’agit donc de refonder la notion du « bien vivre ensemble » en société.

Pour une alliance des civilisations (Chapitre 2)

Pour redéfinir l’internationalisme et l’universalisme, le nouveau socialisme doit tenter de développer une Société – Monde garantissant une citoyenneté mondiale, un humanisme universel reposant sur les droits de l’homme et les biens humains fondamentaux, un ordre mondial démocratique.

Les principaux moyens envisagés sont :

  • Organiser un espace public mondial (ONU réformé) avec Commission mondiale (présidée par le Secrétaire de l’ONU), Conseil des Etats ou Parlement mondial, Conseil des Sages (soixante membres).
  • Au plan éthique, construire une communauté internationale sur le droit commun de l’humanité définissant les biens communs de l’humanité (relevant notamment d’une ONU de l’environnement), et les droits universels de l’homme.
  • Bâtir un ordre international démocratique (démocratiser Banque mondiale, FMI, OMC) en mettant en place une gouvernance mondiale : pouvoir de régulation et contrôle ; société civile planétaire fondée sur les valeurs de solidarité et la notion de responsabilité collective (sida, eau, sécurité, régulation des marchés, biodiversité, combat contre économie de la guerre, de l’argent sale et du crime).
  • Pour cela, instaurer un Parlement mondial.
  • Dépasser la souveraineté absolue des nations pour organiser un monde multipolaire (créer des fédérations parlementaires régionales au niveau intermédiaire entre Etats et planète) dont l’Europe est un exemple.
  • Repenser l’impératif humanitaire et le principe d’ingérence dans le cadre du droit commun de l’humanité.
  • Privilégier le développement humain planétaire en soutenant le développement local : faire du territoire l’unité de base et réorienter l’entreprise dans un sens démocratique.
  • Faire de l’Europe un foyer de civilisation tout en l’améliorant (créer et métamorphoser l’Europe économique, faire l’Europe écologique et sociale).
  • Engager la co-évolution des pays dans le monde : gérer ensemble la mobilité humaine, éradiquer la pauvreté, faire cesser guerres et terrorisme, garantir la sécurité internationale, cultiver le métissage culturel, fonder une agriculture mondiale, développer le commerce équitable.

Pour un nouveau modèle républicain (Chapitre 3)

Ce chapitre propose d’assumer toutes les valeurs fondatrices d’un modèle républicain moderne autour des cinq piliers - Nation, Etat, République, Démocratie, Laïcité - pour mettre en œuvre l’égalité républicaine et la citoyenneté dans la République du respect.

Les principaux moyens envisages sont :

  • Concernant la Nation : vivifier les valeurs de la Nation dans le Pacte républicain de solidarité (nationale, européenne, mondiale) et de citoyenneté. Pour cela, conforter le projet républicain fondé sur le droit du sol, le droit du sang, l’identité sexuée, le respect de la vie de l’esprit ; conforter le bien-être social (logement, propriété, famille, villes et territoires, immigration) ; conforter l’identité sexuée (droit des femmes et des minorités sexuelles) ; conforter les cultures et les questions de la vie de l’esprit (lutte contre la marchandisation généralisée) ; conforter la citoyenneté (vote, participation) dans le programme civique d’activités pour les jeunes, dans le vote et le militantisme pour les immigrés.
  • Concernant l’Etat : fortifier l’Etat protecteur et correcteur, l’Etat planificateur, relançant la planification au service de l’intérêt national, assumant une politique de sécurité dans la proximité avec les citoyens, redéfinissant la puissance publique (bien public, service public), construisant l’ordre juste de la République du respect, créant une justice économique.
  • Affirmer l’Etat pilote de l’économie bâtissant une doctrine cohérente entre puissance publique et initiative privée.
  • Consolider l’Etat – providence en améliorant la lutte contre les inégalités par des mécanismes de prévention et d’assistance, en investissant dans les services publics prioritaires (emploi, éducation, enfance).
  • Promouvoir l’Etat d’investissement social, c’est-à-dire une nouvelle protection sociale qui prévienne (risques sociaux et environnementaux), compense et répare, en sécurisant les parcours professionnels, en élevant le niveau de formation et lançant les comptes individuels de formation, en défendant une politique familiale qui concilie vie professionnelle et vie privée, en défendant l’inconditionnalité des droits.
  • Moderniser l’administration publique.
  • Concernant la République : réinvestir la République dans un nouveau pacte républicain et une 6ème République qui réduise les pouvoirs du Président de la République, renforce le rôle du Parlement, supprime le Sénat, élargisse la participation citoyenne, introduise une dose de proportionnelle, garantisse l’indépendance de la Justice ; promouvoir, en lieu et place de l’égalité des chances, l’égalité des possibles et des résultats ; accueillir la dimension du conflit comme utile à l’ordre républicain.
  • Concernant la Démocratie : pousser la démocratie jusqu’au bout : élargir la sphère du politique en alliant démocratie représentative et démocratie participative de proximité ; pour cela, autoriser au titre de la démocratie participative l’exercice du droit d’expression (droit de manifestation reconnu comme démarche collective, débats participatifs), du droit de proposition (conférences de consensus, forums publics), du droit de surveillance et contrôle (jurys citoyens), du droit d’évaluation ; inclure dans la Constitution des principes économiques contraignants (équilibre du budget, limitation des dépenses) ; créer des institutions attentives aux questions de reconnaissance des individus (République du respect).
  • Concernant la laïcité : réaffirmer le statut laïc de l’Etat et la laïcité comme condition première de toutes les convictions, éthique de la responsabilité dans un espace commun de citoyenneté ; supprimer progressivement les survivances concordataires en métropole et dans les DOM-TOM et installer dans l’espace public l’égalité entre croyants et non croyants ; aider à fonder l’islam de France (un clergé, une représentation nationale, des lieux de culte, un statut des signes religieux) ; unifier la question des aides de l’Etat aux cultes pour leurs édifices ; définir les aspects non négociables des croyances (excision, mariage forcé, polygamie) ; promouvoir une laïcité de « facilitation du pluralisme » (enseignement de la laïcité, du fait religieux, de l’histoire coloniale) et installer une Haute Autorité de la laïcité.

Pour un nouveau progressisme (Chapitre 4)

Ce chapitre tente de décrire la voie existentielle (Morin) du socialisme comme conception de la vie, de l’humanité et de la civilisation conduisant chacun à « vivre mieux » pour soi et avec les autres, dans le cadre d’un pacte social totalement démocratique.

Les principaux moyens envisagés sont :

  • Prôner une conception de l’humanité (réorienter les grandes institutions de régulation mondiale) et de la civilisation (gouvernance mondiale, civisme planétaire, mondialisation culturelle) ; renforcer la solidarité intergénérationnelle (investir dans le capital humain, accompagner la vie active des citoyens exposés comme les jeunes, les femmes, les seniors ; soutenir les Services publics de la petite enfance, la fragilisation familiale, l’activité des seniors ; mieux accueillir les migrants ; accroître la solidarité avec les ascendants) ; défendre la dignité humaine (éradiquer le déclassement, promouvoir les soins palliatifs, permettre de mourir dans la dignité).
  • Développer une conception des espaces vitaux : y promouvoir le développement humain en protégeant la nature et la biodiversité ; en repensant les territoires et les villes autour de la notion de « lieu anthropologique » et de « communautés de voisinage » ; en recherchant la qualité des lieux d’habitation du type éco-quartiers ; en pratiquant une autre décentralisation territoriale fondée sur une gouvernance en réseau avec chef de file ; en faisant du droit au logement un droit fondamental.
  • Affirmer une conception du lien social : lutter contre exploitation économique et exclusion sociale sans les confondre (donner davantage aux victimes d’injustices durables ; imposer la flexibilité organisée en inversant son orientation actuelle ; créer un suivi personnalisé des exclus ; développer l’entreprise sociale et solidaire) ; cultiver le « bien - vivre ensemble » ; cultiver la solidarité par le droit d’existence garantie (droit au travail, au logement, à la santé, à la retraite par répartition) et le droit d’association citoyenne (mixité sociale, engagement citoyen, participation démocratique) ; pratiquer la fraternité dans la solidarité d’implication ; fortifier la citoyenneté juridique, politique et éthique ; tirer parti de la diversité (doter la Halde d’un conseil scientifique, imposer la diversité dans la haute fonction publique, garantir la parité hommes /femmes, lutter contre toutes les discriminations) ; protéger les droits humains fondamentaux (défendre les droits de l’homme, relativiser la technoscience, refuser la marchandisation de tout); fonder un nouvel ordre des échanges sur les biens collectifs mondiaux et sur la gratuité relative de biens inappropriables.
  • Soutenir une conception de l’activité vitale : reconsidérer la répartition des temps de vie (formation tout au long de la vie, temps professionnel de qualité ; vieillissement actif) ; améliorer le statut de l’activité professionnelle (politiser entreprise et management ; repenser RTT et flexibilité; développer congé individuel de formation, engagement national pour l’emploi, charte de l’entreprise solidaire, protocole de temps choisi, capital initiative, contrat de bénévolat) ; faciliter les parcours de vie : substituer à « l’égalité des chances » la conception de « l’égalité des possibles et des résultats », dans la formation initiale (grands travaux du Savoir, culture du 21ème siècle, continuum éducatif) et la formation continue (formation méthodologique, équilibre temps d’activité professionnelle / temps d’inactivité).
  • Garantir la sécurité en société : viser toutes les dimensions de la sécurité (nationale, intérieure, sectorielle) ; veiller à la sécurité publique par une société démocratique de bienveillance et non de surveillance ; fonder le Haut Conseil de la sécurité attaché aux libertés publiques ; imposer la police de proximité, l’humanisation des prisons et une politique de réinsertion ; généraliser la sécurité sanitaire (Etats généraux de la santé, grand Hôpital public, groupements régionaux de santé publique, équilibre de la sécurité sociale, politique du médicament, systèmes d’alerte de santé publique, lutte contre les inégalités de santé).

Pour un développement humain (Chapitre 5)

Ce chapitre propose de mettre en œuvre une conception du développement humain où la gouvernance substitue à la poursuite de la croissance matérielle la gestion des relations entre êtes humains, sociétés et biosphère.

Les principaux moyens envisagés sont :

  • Promouvoir une autre conception de l’économie : une économie plurielle, de proximité, sociale et solidaire, marchande, faisant cohabiter secteurs marchand / non marchand, public / privé, avec une grande politique de services publics ; un autre système de conception des produits dans une économie de la fonctionnalité, de la durabilité et des brevets; un autre système de production reposant sur la circularité et le bouclage des flux de matières ; une nouvelle conception de la richesse, d’ordre éthique, où la valeur est aussi dans les biens de la nature et les rapports sociaux ; une nouvelle conception du marché, conservant ses avantages et dépassant ses limites par une gestion du long terme et des biens collectifs ; la mise en place d’un droit mondial du marché qui démocratise et responsabilise ; une autre globalisation économique qui repose sur des pôles de compétitivité et une gouvernance durable d’entreprise attachée aux données environnementales et sociales ; un Etat soutien des PME/PMI.
  • Imbriquer développement humain et écologie : opter pour le « développement différencié » qui privilégie la qualité, réduit les gaspillages, fait bénéficier les pays pauvres de la croissance, ménage transitions et paliers ; pratiquer l’écologie industrielle (création de complexes et stratégies inter-entreprises ) ; privilégier l’ économie de la fonctionnalité : la fonction des objets, la durabilité des biens, la valeur d’usage, les innovations organisationnelles, la société de services ; viser une restructuration de la fiscalité par internalisation (frapper les activités nocives à l’environnement) et créer ainsi le champ fiscal de la protection environnementale.
  • développer l’Etat d’investissement social, complémentaire de l’Etat Providence: fonder l’Etat social de gauche apportant plein emploi, salaire décent, droit au revenu social (protections et prestations sociales), capacité à réduire la pauvreté ; en faire l’instrument du bien vivre collectif, l’organisateur de la solidarité nationale, le garant du capital social (santé, éducation, formation) ; défendre une conception de l’autonomie autre que la conception libérale sélective (la performance, le culte de soi) en proposant, à côté des protections et droits déjà acquis, l’existence de dispositifs d’assurance sociale tenant compte des nouvelles inégalités de précarisation et substituer à la Société du mépris et de la désaffiliation une Société de la reconnaissance.
Mise à jour le Dimanche, 09 Janvier 2011 15:51