Forum Encyclopédie Stratégie politique Et si Sarkozy nous arnaquait ? 2. La manipulation des statistiques
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Écrit par Noël NEL   
Mercredi, 07 Octobre 2009 17:05
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Et si Sarkozy nous arnaquait ? 2. La manipulation des statistiques
Sept exemples de manipulation des chiffres
Les leçons qui s'imposent
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Le premier livre sérieux sur la question est dû à Lorraine Data, le pseudonyme d'un collectif de fonctionnaires issus de la statistique (INSEE, Services statistiques) et de la recherche publique, tenus pour la plupart à l'obligation de réserve. Leur objectif est de dénoncer les pressions des cabinets ministériels et de leurs hiérarchies sur les statisticiens, pressions tant sur la conduite de leurs travaux que dans l'exploitation des résultats, de façon que soient produits des chiffres conformes aux objectifs fixés par le gouvernement.

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Lorraine Data nomme ce phénomène le « bricolage statistique » et déclare qu'il est devenu monnaie courante dans certains domaines de l'action publique : pouvoir d'achat, emploi et chômage, réduction de la pauvreté, éducation, immigration délinquance. Les auteurs affirment : « la manipulation médiatico-statistique est devenue un instrument privilégié de l'action politique, notamment depuis la campagne électorale de 2002 et son thème central de l'insécurité » (p.8).


21. Les techniques usuelles de la manipulation des statistiques

On affirme un peu vite que les chiffres « parlent d'eux-mêmes », et ce fétichisme sert à expulser l'argumentation. Il ne cesse de se développer, notamment avec la LOLF (loi organique relative aux lois de finance) pour faire passer d'une culture de moyens à une culture de résultats, en donnant une place trop importante au quantitatif dans l'évaluation. On se rappelle la volonté de Sarkozy de faire noter ses ministres par un cabinet d'audit privé, projet abandonné depuis..

 

Ceux qui manipulent les chiffres utilisent quatre techniques principales :

  • ne retenir que ce qui arrange, sélectionner parmi différents indicateurs. Ainsi, sur le cas de la pauvreté, les pouvoirs publics ont substitué à l'indicateur traditionnel, reconnu au niveau européen depuis beau temps, un autre instrument nommé « le taux de pauvreté ancrée dans le temps » qui est une supercherie.
  • utiliser un indicateur écran pour masquer l'évolution réelle des phénomènes. L'indice des prix en est un bon exemple.
  • changer la façon de compter en gardant apparemment le même indicateur : ainsi, en réaffectant certains demandeurs d'emploi dans une nouvelle catégorie, l'ANPE a, de 2005 à 2007, fait baisser artificiellement le taux de chômage. De même sur l'insécurité : il suffit d'inciter les policiers à refuser d'enregistrer certaines plaintes ou de les noter dans le seul registre de main courante, non pris en compte dans la statistique de la délinquance.
  • faire dire à un chiffre ce qu'il ne dit pas : la publication des chiffres de la délinquance en est le meilleur exemple. En confondant les statistiques relatives à l'activité de la police et gendarmerie avec la mesure du niveau de la délinquance, on prétend ainsi que la délinquance « explosait » avant 2002 et qu'elle baisse considérablement depuis 2007.