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Page 1 sur 5 Les OGM nous posent actuellement trois redoutables questions : la question sanitaire des conséquences de ces organismes sur l'homme, à travers l'alimentation ; la question environnementale de la dissémination de ces organismes dans la nature et de ses risques ; la question économique (sociale et humaine) de la dépendance des agriculteurs vis-à-vis du semencier, le produit vendu étant stérile. Or, sur ces trois points, la controverse fait rage.
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Les pro OGM ont une argumentation dominante qui dit : il faut être pour la recherche, donc pour le progrès ; ceux qui sont contre sont dans l'obscurantisme, le créationnisme, le malthusianisme, le mensonge. Il faut parler des OGM au cas par cas ; il n'y a aucun risque pour la santé. Les OGM sont une acquisition importante pour l'humanité.
Les anti OGM ont une contre-argumentation dominante qui dit : il faut être pour le principe de précaution car l'absence de risques sanitaires n'est pas prouvée. Il faut dénoncer les aspects économiques des OGM au plan mondial. Il y a aussi des questions éthiques graves concernant le brevetage du vivant.
Qui a raison ? Comment trancher cette question cruciale et difficile ?
1. La dimension scientifique du problème
Elle conduit à aborder la question sanitaire et la question environnementale
La dénomination unique OGM, où le mot de base est « organisme », cache en réalité un ensemble diversifié d'espèces et de problèmes différents. Il faut nous placer au double niveau des plantes et de l'être humain. Il est donc nécessaire de commencer par définir ce dont nous parlons.
11. Définition d'un OGM
Dans le domaine des plantes, on pratique la sélection classique en croisant entre eux les meilleurs descendants, au fil du temps, sans rien changer. Cela exige 20 ou 30 ans.
Les OGM sont des organismes vivants dont le patrimoine génétique a été manipulé par l'homme pour lui donner d'autres propriétés : on prélève ainsi un ou plusieurs gènes d'un être vivant (virus, bactérie, animal, plante..) et on les insère dans le patrimoine génétique d'un autre être vivant. C'est la transgenèse, qui dépasse de loin les techniques traditionnelles d'amélioration des plantes agricoles.
Quand on introduit dans une plante un gène qui a été prélevé sur un autre organisme, on obtient beaucoup plus vite, en 1 ou 2 ans, un OGM. Il faut mobiliser pour cela des moyens biotechnologiques et financiers importants.
Au départ, cela réclame la connaissance de ce qu'est un gène en général, et de l'endroit où se trouve le gène particulier que l'on veut toucher. C'est la question de la description, plus ou moins exhaustive, du séquençage du génome.
La modification dont il est question est tout à fait circonscrite : on introduit un seul gène pour modifier un seul caractère de l'organisme receveur commandé par ce seul gène. Il faut donc nécessairement connaître auparavant les caractères ne dépendant que d'un seul gène. Ceux que l'on peut nommer sont : les résistances aux maladies et parasites ; les résistances aux herbicides ; les résistances aux accidents climatiques ; les substances ayant un intérêt médicamenteux. Cela constitue une liste restreinte, dans l'état actuel des connaissances. Les OGM existant concernent notamment le maïs, le soja, le coton, le colza et le riz, au titre des résistances aux maladies et à un herbicide (le RoundupR).
Résumons : les OGM proviennent d'un changement du patrimoine génétique par transgenèse. La modification ainsi apportée est très circonscrite
12. Espèces vivantes, reproduction, hérédité
Si on examine la question des espèces vivantes, de leurs modes de reproduction et des lois de l'hérédité, il faut distinguer : les espèces autogames, qui se reproduisent en se fécondant elles-mêmes ; les espèces allogames, qui se reproduisent par fécondation croisée ; les espèces à clones, qui sont « reproduites » hors de la sexualité.
Les espèces autogames (blé, coton, soja) composent des lignées pures où les plantes-filles sont exactement semblables aux plantes-mères, de génération en génération. Il suffirait dans ce cas de semer les graines récoltées sur une même plante pour rester génétiquement dans l'homogénéité. Mais le risque surgit tout de même pour l'agriculteur du mélange possible de mauvaises herbes aux semences de l'espèce qu'il cultive. C'est pourquoi cet agriculteur peut être conduit à acheter de nouvelles semences chaque année.
Les espèces allogames (les êtres humains par exemple, ou le maïs, le riz, le colza) proviennent de croisements entre deux plantes ou deux êtres différents et ne supportent pas la consanguinité. Dans ce cas, la semence mâle d'un organisme peut aller féconder n'importe quel autre organisme. Et l'on sait que l'on ne retrouvera pas forcément à la sortie les mêmes qualités. Donc, le paysan qui récolte sa propre semence d'espèces allogames sait qu'il ressème un hybride (sauf dans le cas particulier des « variétés F1 », que nous laissons de côté).
Les espèces à clones peuvent avoir une reproduction, sexuée et non sexuée, et sont par exemple des plantes à multiplication végétative par rhizomes et tubercules. Le clone est l'ensemble des pieds obtenus sans sexualité, qui peuvent être replantés, mais pas partout : c'est le cas de pommes de terre infestées de virus qui se transmettent par les tubercules, partout en France, sauf en Bretagne.
Résumons : l'existence de trois espèces dans le cas des plantes impose de traiter la question des OGM et de leurs risques éventuels au cas par cas, car les reproches pertinents pour une espèce peuvent ne pas l'être pour d'autres.
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