| LIBERTÉ, ils ont oublié ton nom ! |
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| Écrit par Pascal BRIDEY | ||||
| Samedi, 19 Juin 2010 16:22 | ||||
Dérive toujours plus sécuritaire et populiste de la justice pénale, explosion injustifiée du nombre de garde-à-vue et de détenus, mainmise de l’Exécutif sur la justice, chasse aux étrangers afin d’atteindre des quotas, démolition de la justice des mineurs, mainmise de l’Etat sur le net, dérive sécuritaire de la psychiatrie, mise sous tutelle des médias, fichage des adultes et des enfants, sanction des fonctionnaires récalcitrants, discriminations persistantes envers les personnes LGBT…Pour défendre l'avenir, mais aussi le présent, les Feux de la Liberté ont vu le jour... Les deux poèmes suivants ont été écrits par des militants socialistes pour les Feux de la liberté 2010... LIBERTÉ, ils ont oublié ton nom !Poème écrit par des militants socialistes pour les Feux de la Liberté 2010.
Toi, le sans-papiers appelé sur les chantiers pour travailler sans être déclaré ; Traqué par les policiers contrôlé, fouillé, humilié, atteint dans ta dignité, du haut d'un pont, tu t'es jeté !
LIBERTÉ, ils ont oublié ton nom !
Toi, le réfugié pour fuir de ton pays les atrocités loin des tiens, tu t'es exilé pour rejoindre le pays de la fraternité ; Jugé et condamné dans un charter improvisé, tu as été jeté, pour assurer notre tranquillité !
LIBERTÉ, ils ont oublié ton nom !
Toi, l'enfant en difficulté la misère de tes parents, tu as payée, quand leurs allocations ont été supprimées, du minimum vital, tu as été privé ; Des bonnes manières, tu n'as pas hérité ; A la maternelle, tu étais dissipé ; Par ton instituteur, tu as été fiché ; comme un futur délinquant, tu as été identifié ; ton destin est ainsi tout tracé !
LIBERTÉ, ils ont oublié ton nom !
Toi, l'adolescent agité, ton avenir a été sacrifié quand l'ordonnance de 45 a été supprimée ; D'éducation, tu n'as pas bénéficié ; Aucune deuxième chance ne t'a été donnée ; De tes parents, tu as été éloigné ; Avec des délinquants chevronnés, tu as été enfermé !
LIBERTÉ, ils ont oublié ton nom !
Toi, l'homme marginalisé de gaz malodorant, tu as été asphyxié pour t'éloigner de nos supermarchés ; Comme un parasite, tu as été éradiqué, toi, l'alcoolisé, le pestiféré, tu faisais peur à nos paisibles retraités !
LIBERTÉ, ils ont oublié ton nom !
Toi, le prisonnier injustement condamné privé de toute intimité, de toute dignité ; Fatigué de lutter contre tant d’inhumanité, un jour, tu nous as quitté pour l'obscurité en quête d'éternité !
LIBERTÉ, ils ont oublié ton nom !
Toi, la femme baillonnée, humiliée et victime de préjugés ; À la moindre contrariété tu étais tabassée ; Pour t’émanciper, tu t'es rebellée ; Abandonnée à ta triste destinée, Par ton homme, tu as été torturée !
LIBERTÉ, ils ont oublié ton nom !
Toi l'autorité constituée Pour satisfaire les âmes bien nées ; Aux combattants de la fraternité Tu t'es attaquée En inventant le délit de solidarité Oubliant qu'ils n'accomplissaient que leur devoir d'humanité !
LIBERTÉ, ils ont oublié ton nom !
Toi, France, honneur du monde civilisé Terre des arbres de la liberté ; De l'humanité, tu étais la fierté De toutes les résistances, tu étais le foyer Du sang de tes enfants tu as été baptisée !
LIBERTÉ, ils ont oublié ton nom !
Toi qui, dans le monde entier, prône l'exemplarité, Toujours prompte à délivrer un message d'universalité, tes lumières disparaissent dans l'obscurité ; Pourquoi as tu cessé d'entretenir les feux de la liberté? Pourquoi as-tu oublié de chérir ce trésor sacré qu'est notre liberté ?
LIBERTÉ, ils ont oublié ton nom !
LIBERTÉ, je crie ton nom !
Poème écrit par des militants progressistes pour les Feux de la Liberté 2010
Vous qui soutenez les étrangers De RESF, de la CIMADE et d'autres entités, Que de risques vous prenez pour défendre de vos frères la dignité ; Pour ces combats, vous êtes arrêtés et condamnés au nom de ce honteux délit de solidarité ; N'abandonnez pas votre radicalité pour que nous puissions continuer à marcher, tête levée !
LIBERTÉ, je crie ton nom !
Vous, les bien nées, les LGBT, ceux dont la différence heurte les préjugés, Battez-vous pour assumer votre spécificité ; Résistez pour affirmer votre altérité ; Pour qu'au nom de l'égalité, vos amours puissent prospérer, n'en déplaise aux culs-pincés !
LIBERTÉ, je crie ton nom !
Vous, les avocats engagés pour défendre les plus déshérités ; Des droits de l'homme, vous êtes les piliers ; Défenseurs des causes désespérées, vous plaidez sans bourse déliée par solidarité avec les plus éprouvés pour faire triompher la Justice et la Vérité !
LIBERTÉ, je crie ton nom !
Vous, les juges des enfants menacés pour avoir de l'Education fait une priorité ; Nos enfants, de la prison vous avez préservés pour en faire des hommes respectés debout dans la dignité, ayant leur juste place dans notre société ; De vous, jamais notre justice ne pourra se passer !
LIBERTÉ, je crie ton nom !
Vous, les femmes libérées des violences protégées, du fanatisme préservées, Ne laissez plus vos corps mutiler et vos droits piétiner ; A la parité, jamais ne renoncerez tant que l'égalité ne sera pas réalité, pour que sororité rime avec fraternité !
LIBERTÉ, je crie ton nom !
Vous, les éducateurs stigmatisés, les instituteurs méprisés par un système de plus en plus verrouillé ; Au nom de l'égalité, vous ne cessez de vous démener Pour aider les plus en difficulté, Pour éduquer à la citoyenneté, vous prenez le risque de désobéir à l'autorité; Avec vous, nous voulons résister !
LIBERTÉ, je crie ton nom !
Vous, les militants de la solidarité souvent critiqués pour avoir perdu le sens des réalités ; Par les bien-pensants et les privilégiés vous êtes vilipendés pour avoir l'ordre établi contesté; Personne ne peut vous reprocher de rêver à un monde de fraternité dans lequel chaque homme sera honoré; Transmettez ce bel idéal à la postérité !
LIBERTÉ, je crie ton nom !
Vous, les semeurs de liberté, du GENEPI dans nos prisons surpeuplées à l' ODEBI sur le net verrouillé; Ne les laissez pas mettre en coupe-réglée nos précieuses identités; Continuez à lutter pour que, dans quelques années, nos enfants puissent encore crier ce beau nom de liberté !
LIBERTÉ, je crie ton nom !
Vous, dont les aînés, par leurs luttes acharnées, ont conquis au prix de leur liberté de la démocratie, les droits les plus sacrés ; Redonnez à notre pays, plongé dans l'obscurité, blessé par tant de vulgarité, abaissé par tant d'indignité, la passion de l'égalité le goût de la fraternité et les lumières de la liberté !
LIBERTÉ, je crie ton nom !
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