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Démocratie socialiste moderne Imprimer Envoyer
Écrit par Christophe CHOSEROT   
Vendredi, 03 Octobre 2008 23:15
Index de l'article
Démocratie socialiste moderne
Démocratie représentative et démocratie participative
Démocratie délibérative et démocratie participative
Pour reconfigurer la sphère du politique
Quelques modalités et dispositifs de la participation
Vers une démocratie socialiste moderne
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Que serait une démocratie socialiste moderne ?  Lapalisse aurait dit : c'est d'abord  une démocratie.   Cette démocratie est représentative et devrait être participative.  Il nous faut donc recommander   l'élargissement de la pensée démocratique.  Quelques formes de la participation dans la société civile moderne peuvent y contribuer.

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1.   Définition de la Démocratie

11. Sans entrer dans de longues définitions, on peut partir de l'idée que la démocratie construit la société politique sur le débat, la canalisation des expressions et le classement des suffrages. Elle reste toujours menacée par deux excès : celui des grandes passions collectives et celui des seuls désirs individuels. Il n'existe pas de forme achevée et parfaite de  démocratie, il n'existe que des types de démocratie qui ont tous en commun le suffrage universel, le respect des libertés publiques, la pluralité des opinions qui ont la possibilité d'être représentées. En ce sens, la démocratie reconnaît comme légitime le conflit d'idées entre partis, programmes, personnalités politiques ; ce qui n'exclut pas un consensus institutionnel minimal.

 

12. Nous avons hérité de plusieurs modèles de démocratie au fil du temps. Une typologie de la démocratie est proposée par le philosophe Crawford Brough Macpherson dans son ouvrage Principes et limites de la démocratie libérale. Il y distingue 4 types de démocratie :

- la démocratie de protection

- la démocratie d'épanouissement

- la démocratie d'équilibre

- la démocratie de participation.

 

La démocratie de protection affirme qu'il faut protéger les citoyens contre l'abus de pouvoir des gouvernants, lesquels peuvent porter atteinte à la sécurité et à la propriété des citoyens au profit exclusif de leurs seuls intérêts. Elle repose donc sur le besoin de sécurité. Elle présente le risque de surenchère de mesures et textes législatifs sécuritaires. Elle ne contient pas l'espoir d'une société nouvelle.

La démocratie d'épanouissement, née dans la seconde moitié du 19ème siècle,  contient, elle,  la promesse d'une société nouvelle (plus égalitaire) et d'un homme nouveau (plus solidaire). Elle prône le besoin d'épanouissement individuel et collectif, donc d'une élévation collective de la société par suppression des inégalités sociales. Elle est mise à mal par la pauvreté et la misère persistantes.

La démocratie d'équilibre repose sur 2 principes. Le premier affirme qu'elle n'est qu'un mécanisme permettant de choisir le gouvernement. Le second se résume à la concurrence permanente entre 2 équipes de partis politiques (au moins) qui se disputent le pouvoir et constituent l'offre. La participation des citoyens s'y cantonne au choix de l'un ou l'autre groupe, choix qui circonscrit  leur demande. Cette démocratie représentative pose des problèmes : jusqu'à quel point le citoyen est-il souverain dans sa demande (n'est-il pas conditionné par l'offre ?) ? sait-on bien ce que demande le citoyen dans son vote ? les élites politiques entendent-elles vraiment cette demande ? le désir de démocratie trouve-t-il à bien s'exprimer dans ce système de l'offre et de la demande ?

La démocratie participative n'est pas une idée nouvelle et existait déjà dans la philosophie grecque. Elle trouve son fondement dans la possibilité pour les citoyens  de débattre, d'échanger des opinions sur les grandes questions d'ordre politique. Elle peut redonner aux citoyens du pouvoir -celui de la parole - et de l'écoute, en plus de la capacité de voter.  Elle ne limite plus l'expression des citoyens à la grève, la protestation, la manifestation. Mais tout le problème réside dans la différence à faire (ou non) entre démocratie participative directe et démocratie représentative.