| A propos des collectivités territoriales |
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| Écrit par Michel DINET |
| Dimanche, 22 Mars 2009 08:52 |
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Page 1 sur 6 Alors qu'est sorti, sous l'autorité d'Edouard Balladur, un projet de réforme des collectivités territoriales et que le PS a confié à Elisabeth Guigou la responsabilité d'un contre-projet, la parole, sur cette question difficile, de Michel Dinet, l'actuel Président socialiste du Conseil général de Meurthe - et - Moselle, peut être précieuse. Le texte que nous proposons est un entretien qui a eu lieu dans les locaux du Conseil général 54, le jeudi 12 février 2008. Pour restituer le côté vivant que la personnalité de Michel Dinet impose, nous lui avons gardé le genre du portrait qui précède le discours argumentatif.
Les années de préparation à la noble tâcheNoël Nel : Michel, qu'est-ce qui dans ton CV est avouable publiquement ? Que s'est-il passé pour toi avant que tu ne deviennes ce conseiller général et ce président socialiste du Conseil général 54 fermement opposé au cumul des mandats ?
Michel Dinet : Mes origines, puisque tu m'invites à en parler, sont extrêmement modestes (c'est une formule pudique). J'ai tout appris de ma famille et, en complément, de l'école publique. J'y ai pris conscience de l'engagement - dans la vie associative, syndicale et à l'Ecole normale, en bout de chaîne - et j'ai compris des choses que mes instits m'avaient suggérées. La certitude, c'est que, si aujourd'hui je vis pleinement mon action, avec le sentiment d'un bonheur et d'une chance extraordinaires, il n'y a pas une minute de cette action où je n'aie le sentiment de rendre à la République - ce que je n'arriverai d'ailleurs jamais à lui rendre - un peu de ce qu'elle m'a permis de construire. Le deuxième élément important de mon parcours, c'est que je suis un instit, forgé à un métier, à la passion des autres, dans l'idée d'un travail d'équipe, et qui apporte sa part à la construction commune.
Logiquement, j'ai voulu m'installer avec mon épouse, en secteur rural, dans un village frappé par l'initiative et la mobilisation syndicales autour d'un certain nombre de restructurations difficiles : c'est le village de Vannes le Châtel, en effet. Là a commencé un long parcours qui est, classiquement, une histoire d'amour entre une population ouvrière, rurale, très rugueuse, mais en même temps d'une loyauté, d'une fidélité, d'une invention et imagination considérables. Donc, le village en tant que tel, et notre travail d'instits ! Et le travail d'instit a conduit à ce que, par les cours du soir, la formation continue, la formation de parents d'élèves, de fil en aiguille, je ressente l'envie de faire bouger les choses au plan municipal. J'ai été élu sur une liste de gauche, dans un endroit qui vote quasiment toujours à 80% à gauche sans être une municipalité marquée. On a mené ce combat politique en 1971. J'étais donc conseiller municipal et, six mois après, le maire tête de liste a eu des problèmes de santé et je suis devenu de fait un des plus jeunes maires de France, le plus jeune maire de France (je suis né en 1948). Là a commencé quelque chose d'enthousiasmant.
On a mené un vrai projet de développement sur la commune, en expérimentant un certain nombre de choses qui nous ont fait rencontrer d'autres associations, d'autres villages, des syndicalistes, etc. A commencé à naître l'idée et la conceptualisation du développement local, c'est-à-dire l'idée d'une approche endogène du développement, en partant des difficultés comme des ressources locales. Pour aller très vite, ce fut une action de commune, puis une action de bassin. Et là on se rencontre : des gens comme moi, issus du mouvement laïque d'éducation populaire, avec d'autres militants venu du mouvement catho (JAC, JOC), et d'autres qui étaient déjà politisés. Après un parcours plutôt du côté du PSU pendant un certain nombre d'années, on a constitué une section socialiste considérée comme notre commun dénominateur à l'époque. On voulait lever le nez du guidon de l'action quotidienne, pratico - pratique, pour lui donner un sens politique ; conceptualiser les choses et surtout essayer, ce qui sera mon obsession, de faire la jonction entre engagement local et dimension plus globale, nationale et internationale.
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