| Immigration - Immigration et démographie |
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| Écrit par Noël NEL | ||||||
| Samedi, 02 Janvier 2010 11:35 | ||||||
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3. Immigration et démographie
Généralement, la question de l’immigration en France est pensée presque uniquement à partir des questions économiques du travail, et sur un mode très stéréotypé : l’immigré est là pour faire le travail que les Français ne veulent plus faire. Or, la question importante est plus globale : l’évolution prévisible du solde migratoire doit s’envisager dans le cadre de la question démographique, question plus complexe sur laquelle l’INSEE fournit des projections. Il faut mettre en relation solde naturel (excédent des naissances sur les décès) et solde migratoire (excédent des entrées sur les sorties) pour imaginer l’avenir prévisible de la population. 31. Le solde naturel
Chaque année, à la fin janvier, l’INSEE publie le « bilan démographique » de l’année écoulée. Il prend en compte la natalité, la mortalité, la fécondité, l’espérance de vie, les entrées de migrants (issues de l’Agence d’accueil des étrangers et migrants, ANAEM, et de l’Office français pour les réfugiés et apatrides, OFPRA). L’INSEE calcule le solde naturel à partir de l’état civil et évalue le solde migratoire. Or ce dernier point est délicat car il n’existe pas d’observation directe des sorties : le Ministère de l’intérieur consigne les entrées avec titre de séjour, mais pas les sorties ; par ailleurs, il n’y a pas d’enquêtes aux frontières. 32 Le solde migratoire
Actuellement, la population française augmente chaque année de 365 000 personnes environ, dont 260 000 au titre du solde naturel et 105 000 au titre du solde migratoire. Les mouvements migratoires représentent donc 30% de la croissance annuelle de la population française, contre 80% dans l’Europe des Quinze et 85% dans l’Europe des Vingt-Cinq (estimation Eurostat de 2004). Le solde migratoire français actuel est l’un des plus modérés du monde industriel, bien moins fort que dans les années 1955-64 et 1969-73. L’immigration massive ne touche pas la France, pourtant vieux pays d’immigration depuis le milieu du 19ème siècle, mais l’Europe méridionale. En France, ce solde migratoire est continu.
33. Perspectives
Actuellement, la fécondité moyenne en France est de 1,9 enfant par femme, elle est considérée comme bonne. La France conjugue donc une croissance naturelle soutenue et une immigration persistante mais modérée. Evidemment, l’apport étranger intervient dans ce solde naturel, il en est une composante importante. Mais pour savoir si ces réalités vont durer, il faut encore réfléchir sur le vieillissement de la population. Les projections de l’INSEE vont jusqu’à 50 ans dans le futur. Elles conjuguent une fécondité moyenne maintenue à 1,9 enfant par femme, un solde migratoire annuel de 100 000 migrants nets (alors que la précédente projection tablait sur 50 000) et une espérance de vie continuant à progresser sur un rythme ralenti (de 7 ans pour les hommes et de 5 ans pour les femmes) : sur ces bases, selon l’INSEE, « l’exception française » ne durera que sur une génération, et le solde naturel s’évanouira vers 2040 ou 45 ! Le démographe François Héran nous affirme : « qu’on le double ou qu’on le divise par deux, le solde migratoire de la France n’est pas assez volumineux pour contrecarrer la lame de fond qui pousse le pays vers une croissance démographique soutenue au premier chef par l’immigration ».
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