| L'emploi des jeunes |
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| Écrit par Françoise BOTTIN | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Samedi, 02 Mai 2009 22:36 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Page 1 sur 3 Les jeunes qui sortent chaque année sur le marché du travail, environ 730 000, sont de plus en plus diplômés, 4 sur 10 ont un diplôme de l'enseignement supérieur. Par contre, 18 % d'entre eux sortent sans aucun diplôme, soit près de 140 000. Il convient d'étudier ces données de façon plus précise, en se référant à plusieurs sources* et de voir leurs conséquences en matière d'insertion et d'emploi. Vingt ans après son adoption, les objectifs de la loi d'orientation Jospin de 1989, 100% de jeunes qualifiés au minimum CAP/BEP, ne sont toujours pas atteints. De même, nous sommes encore loin, avec 40% en France, de l'objectif européen (Stratégie européenne pour l'emploi, sommet de Lisbonne en 2000) de 50% de diplômés de l'enseignement supérieur par classe d'âge.
1. Insertion sur le marché du travailLe taux d'emploi des 15-24 ans est de 31,5%, en France contre 37,7%, en moyenne, pour l'Union européenne. Le chômage des jeunes « sur réagit » à la conjoncture du marché du travail. Lorsque la conjoncture est bonne, ils entrent dans l'emploi, essentiellement par des CDD, 73% des embauches. Lorsqu'elle est mauvaise, ils sont la première variable d'ajustement. Le chômage des jeunes, de 16 à 24 ans, a augmenté 2 fois plus vite que le chômage global en 2008, pour atteindre 21,2% au 4ème trimestre 2008. D'autre part, les jeunes diplômés sont souvent pénalisés par des modes de recrutement favorisant l'expérience professionnelle ou privilégiant les salariés déjà en poste. Les études générationnelles (Cereq*) démontrent que, si accéder rapidement et durablement à l'emploi demeure plus aisé pour les jeunes les plus diplômés, la filière suivie et la spécialité de formation ne sont pas sans effet sur la trajectoire d'insertion. Par exemple, les ingénieurs accèderont rapidement et durablement à l'emploi pour 72% d'entre eux mais ce taux ne sera que de 34% pour les jeunes sans diplôme. Ceux possédant un Bac étant à égalité d'accès, environ 55%, avec les titulaires de CAP/BEP. Autre exemple, les jeunes issus des formations comptabilité-gestion, secrétariat-bureautique, habillement ont connu les plus forts taux de chômage en 2007, entre 30 et 38%. Pour ceux qui étaient en emploi, ils étaient pour la plupart en CDD.
Durée de chômage au cours des 3 années suivant la sortie de formation
Enquête « Génération 2004 » Cereq*
A tous les niveaux de diplôme, pour les jeunes filles comme pour les jeunes hommes, être issus de l'immigration augmente le risque de rester à l'écart de l'emploi, lors des trois premières années de vie active. Par ailleurs, les jeunes diplômés connaissent souvent un déclassement important à leur entrée sur le marché du travail. Leur niveau de diplôme étant au-dessus de la qualification du poste qu'ils occupent, cela engendre beaucoup de frustration. Si 45% des jeunes non diplômés occupent des emplois temporaires - CDD et intérim - ce taux n'est que de 25% pour les diplômés du supérieur. La part des jeunes soumis à la précarité est systématiquement plus forte que dans l'ensemble de la population active : Intérim 5,1% contre 2%, CDD 20% contre 8,4%.
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