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Inégalités sociales, inégalités scolaires Imprimer Envoyer
Écrit par Marie-Hélène WOJCIK   
Samedi, 16 Mai 2009 07:24
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Inégalités sociales, inégalités scolaires
Quand la question scolaire rencontre la question sociale
« Donner le plus à ceux qui ont le moins »
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Termes et enjeux d'un questionnement

Dans les réflexions et discours politiques,  la question des inégalités sociales n'est que marginalement sollicitée. Le propos tenu ici consistera à apporter quelques éléments de compréhension et quelques pistes de réflexion autour des modes de lecture possibles (et, nous semble-t-il, nécessaires) de la question des inégalités scolaires.

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Cet état de fait est sans aucun doute indissociable de la conception imposée du fonctionnement d'un système et d'une société. Conception dans le cadre de laquelle au mieux on admet l'existence d'inégalités - au pire on en conteste le bien fondé en s'appuyant précisément sur des orientations politiques qui sollicitent une autre notion : en l'occurrence, celle d'égalité des chances. Si la démarche ainsi retenue paraît difficilement contestable (et se trouve d'ailleurs peu contestée), force est de   constater qu'elle impose un mode de lecture et de compréhension des réalités particulièrement lourd de conséquences.

Ces observations valent plus particulièrement pour le champ scolaire et c'est pourquoi il nous parait déterminant de s'interroger sur l'usage de la notion d'inégalité mais aussi sur la réalité des faits auxquels elle réfère dans ce contexte.

Dans cette intention il parait intéressant de revenir sur :

  • La manière dont la question des inégalités s'est inscrite et s'inscrit aujourd'hui dans le champ scolaire (en sollicitant des éléments empruntés à l'histoire contemporaine de notre système d'enseignement et sur un des déplacements majeurs consistant précisément  à donner une telle centralité à la question sociale que celle - non moins déterminante - du devenir scolaire en finit par devenir secondaire, un « effet induit » et non plus la réelle grille explicative des situations)
  • Les enjeux et conséquences d'une telle approche : que produit-t-on en faisant prévaloir le principe d'égalité au détriment d'une analyse sollicitant la notion d'inégalité ? en quoi ce mode d'analyse devient-il un élément central dans la légitimation des choix et orientations politiques retenus ?

Il ne saurait ici être question d'épuiser toute la complexité des variables en jeu (nous pourrions ainsi solliciter, les orientations prises en direction de la politique familiale ou encore celles afférentes à la « jeunesse »). Le propos tenu ici consistera à apporter quelques éléments de compréhension et quelques pistes de réflexion autour des modes de lecture possibles (et, nous semble-t-il, nécessaires) de la question des inégalités scolaires. Le propos tenu ici consistera à apporter quelques éléments de compréhension et quelques pistes de réflexion autour des modes de lecture possibles (et, nous semble-t-il, nécessaires) de la question des inégalités scolaires.


1. Des inégalités à la promotion de l'égalité des chances

Le constat de la forte intrication entre l'appartenance sociale et la position scolaire des publics est, de longue date,  largement établi. Toutefois, il semblerait que cette même question occupe désormais une position plus que périphérique dès lors qu'il s'agit d'évoquer, dans les débats publics, les modalités au travers desquelles les « appartenances sociales » participent à l'organisation du devenir individuel et collectif.

Très concrètement, tout se passe comme si  le « sens de l'effort », les « aptitudes personnelles », la conformité  attendue (le conformisme exigé ?) à l'égard du « métier d'élève »  s'imposaient comme principes explicatifs incontestables et indiscutables (rappelons, à ce sujet, le décret n°2006-730 du 22 juin 2006 relatif aux modalités d'attribution d'une bourse au mérite qui stipule que « La bourse au mérite est une aide exclusivement réservée aux élèves boursiers qui s'engagent, à l'issue de la classe de troisième, dans un cycle d'enseignement conduisant au baccalauréat général, technologique ou professionnel dans un établissement ou une classe habilité à recevoir des boursiers nationaux du second degré. Cette bourse au mérite est attribuée de plein droit à tous les boursiers ayant obtenu une mention bien ou très bien au diplôme national du brevet. Elle peut, en outre, être attribuée dans les conditions définies aux articles 2 et 3 à des élèves boursiers qui se sont distingués par leurs efforts dans le travail au cours de la classe de troisième. Le dispositif des bourses au mérite contribue en particulier à la promotion des élèves scolarisés dans les établissements de l'éducation prioritaire »).

La « rétribution financière » de l'effort scolaire semble désormais s'imposer comme allant de soi ; exclusivement construite sur une appréciation du comportement et des performances scolaires, elle vient rappeler à quel point on ignore les conditions sociales et familiales constitutives du rapport à l'école et aux savoirs. Cela vaut plus particulièrement pour les publics les plus éloignés du système d'enseignement pour lesquels la question du sens de l'investissement scolaire reste trop souvent sans réponse et dont les conséquences s'expriment dans le « décrochage » et la « déscolarisation ».

La prééminence d'une approche méritocratique de notre système d'enseignement participe sans aucun doute à alimenter cet état de fait ; pour autant, il paraît important de revenir sur la manière dont la question des inégalités scolaires s'est inscrite dans la vie sociale et la façon dont cette même question est abordée actuellement.