Forum Encyclopédie Economie La crise financière de 2008
La crise financière de 2008 Imprimer Envoyer
Écrit par Noël NEL   
Samedi, 10 Janvier 2009 22:16
Index de l'article
La crise financière de 2008
Principes stratégiques
Toutes les pages

La crise financière mondiale de 2008 vient à peine de produire ses premiers effets. Elle aura des conséquences économiques et sociales redoutables. C'est pourquoi les socialistes et gens de gauche doivent en prendre la mesure.

Le texte ci-dessous est un simple état des lieux, non exhaustif au demeurant. Il relève les principales propositions concernant la régulation financière possible et les scénarios économiques et politiques avancés pour changer le capitalisme.

pdfTélécharger le document     plume Lire les commentaires...

 

1. Les composants de la crise

La crise de 2008 n'était pas imprévisible. De hauts responsables des finances et de la politique avaient alerté, il y a des années déjà (Paul Volker, Paul Krugman, Warren Buffett qui a parlé d' « armes de destruction massive » à propos de certains produits). Ils n'ont pas été écoutés.

 

11. Signification immédiate de la crise financière


La crise signifie d'abord l'échec de marchés peu ou mal régulés et incapables d'autorégulation :

  • les marchés sont devenus de plus en plus opaques, il s'est composé un secteur bancaire « de l'ombre » en progression depuis 20 ans ;
  • des produits financiers de plus en plus complexes ont surgi, on a vendu des dettes liées à des emprunts immobiliers à haut risque ;
  • les transactions spéculatives ont été encouragées ;
  • les 3 plus grandes agences de notation au monde ont noté ces produits comme étant sans risque.

Il y a donc eu tous les ingrédients d'une crise de gouvernance financière et de pratiques commerciales, manifestant la perte d'éthique dans le monde des affaires : faible réglementation, contrôle inadéquat.

 

12.   Croissance des inégalités

Une inégalité croissante des revenus s'est développée parallèlement à la croissance continue du secteur financier. Le capital financier représente maintenant 15 fois le PIB de tous les pays. Il n'améliore que trop peu la condition humaine et la protection de l'environnement.

Un enjeu éthique s'est imposé : lutter contre les salaires et primes de PDG dont le rendement de société a stagné ou baissé. Il faut rappeler que les pères du libéralisme économique avaient souligné dès l'origine la nécessité de l'éthique (Adam Smith dans Théorie des sentiments moraux, Max Weber).

 

2.     Le sens profond de la crise

On peut tirer de cette grande crise financière deux séries de leçons :

  • un ensemble de nécessités immédiates pour purger d'urgence la sphère financière ;
  • une série de scénarios de refonte ou de dépassement à plus long terme du système politique et économique nommé capitalisme.

21. Les mesures financières nécessaires

Des mesures immédiates permettraient de remédier à certains dysfonctionnements majeurs. Elles sont énoncées par Frédéric Lordon (Manière de voir, Le Monde diplomatique n° 102, décembre 2008) qui les résume à 5 principes et 6 propositions ne concernant que le domaine des banques.

5 principes sont mis en avant :

  • Les prises de risques ne peuvent être réellement appréciées, on ne peut que les limiter a priori. Il faut les rendre peu possibles.
  • Quand une bulle spéculative est formée, il est déjà trop tard, les pouvoirs publics sont pris en otage et sommés de socialiser les pertes. Il faut donc réglementer à nouveau la finance pour empêcher la formation de bulles.
  • Vouloir un marché financier mondial unifié entrave la régulation. Il faut recloisonner le marché financier mondial.
  • L'Europe est une zone d'activité financière autosuffisante. Il faut réglementer à nouveau sur une base européenne.
  • La finance de marché est une enclave qui jouit d'une profitabilité que rien ne justifie, qui nourrit la croissance des inégalités. Cet extravagant privilège doit être combattu.