La décroissance Imprimer Envoyer
Écrit par Noël NEL   
Mercredi, 03 Juin 2009 21:12
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La décroissance
Cartographie des «décroissants»
Un décroissant très à gauche : Paul Ariès
La question des alliances
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Ceux que l'on nomme les « décroissants » relèvent en partie des tendances écologistes. Ils défendent un certain nombre d'idées, et se réclament de quelques penseurs. Il est utile de comprendre leurs arguments car certains des décroissants sont au PS.

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1. Quelles sont les tendances écologistes ?

L'écologie est loin d'être unifiée. La décroissance est l'une de ses tendances, même si ces « Objecteurs de croissance » ne se reconnaissent pas simplement comme écologistes.

 

11. Les conceptions de l'écologie

Certains analystes distinguent dans la mouvance écologiste différentes conceptions qui dépendent des rapports à la nature que chacune révèle.

Il y a le populisme environnemental ou attitude NIMBY (Not in my Back Yard = « pas dans mon arrière-cour ou mon jardin »). Il s'agit de ceux qui défendent dans l'environnement leur « chez soi » et conçoivent la nature comme extension limitée de leur cadre de vie. C'est un conservatisme égoïste qui ne structure pas une lutte politique générale. Il s'exprime dans des luttes sporadiques.

Il y a l'écologie profonde, une conception écologique sacralisant la Terre, vue comme être sacré et vivant. Elle critique le monde moderne et la technique, destructeurs tous deux de la planète, et leur oppose un ordre naturel.

Il existe une écologie libertaire se réclamant d'Elisée Reclus ou Pierre Kropotkine. Elle critique l'autorité, la hiérarchie, les institutions, donc aussi la domination de l'homme sur la nature et même la différence entre homme et animal. Elle prône l'auto-organisation, l'autogestion de collectivités, le mutualisme.

Il y a encore l'écologie libérale et technicienne. Pour elle, la nature est un capital ou une marchandise comme les autres. On la défend par des solutions techniques. Les pionniers de cette approche sont Ronald Coase (Prix Nobel d'Economie en 1991), Garrett Hardin. Pour eux, seules les avancées techniques peuvent résoudre les problèmes environnementaux.

Il y a enfin l'écologie environnementaliste pour laquelle la nature (le milieu) dépend de représentations sociales. Cette tendance s'appuie sur des travaux sociologiques et philosophiques : Philippe Descola, Dominique Bourg. La défense de la nature y est le prolongement de la défense de l'être humain (droits de l'homme, humanisme). C'est celle que retient surtout le PS.

Cette classification n'est sans doute pas exhaustive. Elle peut être discutée. Elle donne cependant un petit aperçu de la situation. Rien n'est simple. L'écologie ne l'est pas plus que le reste !

 

12. L'écologie de la décroissance

Si on ne part pas du seul critère écologique, mais du critère économique de la croissance, on distinguera, chez les décroissants, des tendances différentes.

On peut dire en effet que l'écologie et la décroissance sont aussi bien de droite que de gauche ; que dans ces différentes conceptions, la nature est aussi bien un objet (écologie libérale et technicienne), un sujet (écologie profonde), un projet (écologie environnementaliste).

La Gauche prônera plutôt l'écologie environnementaliste. Une partie des « décroissants » aiment se situer « à gauche de la gauche » quand ce n'est pas ailleurs (mais où ?). On parlera dans ce texte à leur propos de décroissants de gauche et d'écologie libertaire, au sens large.