Forum Blog - Atelier Stratégie politique Contribution aux réflexions actuelles du PS
Contribution aux réflexions actuelles du PS Imprimer Envoyer
Écrit par Michel STRICHER   
Samedi, 13 Septembre 2008 01:00

Bonjour,

Je me présente Michel STRICHER ancien maire d'Essey jusqu' à ma démission en 2005 pour des raisons de santé.

Je voudrais apporter ma modeste contribution aux réflexions actuelles du PS.  Je lis régulièrement l'hebdomadaire "Courrier International" dans le numéro de cette semaine, il y a une très bonne étude sur les ultra-riches et notamment la traduction d'un article américain de la revue NEWSWEEK. En résumé, il y a de plus en plus de très riches en nombre et en montant dans notre monde industrialisé. 

Un graphique page 35 est très parlant. Il montre la part des salaires et des profits dans le revenu national des grands pays industrialisés:

  • En 2000 les salaires et tout ce qui va avec représentaient  56 % du PIB de l'année et donc les profits des entreprises 53  et quelque %
  • En 2007 les salaires ne représentent plus que 53 % et les profits plus de 56 %  

Ceci est valable pour l'ensemble des Pays  développés : États Unis, Europe, Japon , Canada...

Mais en France le constat est pire: en 25 ans la part du PIB consacré aux salaires  et aux prélèvements qui vont avec a baissé de 11%.

Voilà un constat qui représente bien la volonté de "notre" monde actuel, diminuer relativement les salaires et gonfler les profits. il fut un temps où ces "grands puissants économiques" avaient en face d'eux des oppositions fortes et  crédibles, mais comme maintenant nos grands possédants n'ont plus personne en face d'eux, je comprends qu'ils se laissent aller.

C'est un constat je pense très vrai et il faut remarquer que nos politiques au pouvoir, très flattés d'être admis dans le grand monde économique savent défendre  la stratégie économique sous-jacente et l'habiller comme inévitable. 

Comme le mouvement va en s'"amplifiant" et que de plus en plus de gens ne pourront supporter une condition de plus en plus dégradée, il est à peu près certain que cela va mal finir. Du coup même les sociodémocrates devraient s'inquiéter et ne pas laisser faire. Eh non!  tout le monde reste dans le scénario défini par nos chefs au pouvoir!!!

En résumé, il faut corriger les causes et non s'en tenir à des remèdes morcelés et infimes qui amoindrissent les conséquences. 

Pour le moment, les gens-pauvres supportent encore et les mini-nantis progressifs et égoïstes de leurs petits avantages, se rassurent la conscience grâce aux effets d'annonce de nos politiques. D'ailleurs, ils sont maîtres dans l'art de manier l'effet d'annonce souvent sans suite, mais le principal est de faire croire à la majorité des gens que l'on fait assez pour les plus démunis.

Je pense donc que le PS, dont je suis membre de 1974, saura montrer que la volonté profonde de nos grandes multinationales est de diminuer les salaires et que si on y réfléchit bien, les mesures actuelles de notre gouvernement vont dans ce sens. On fait baisser certains prix, on ne parle pas dans l'opposition ou dans la majorité de suivre l'augmentation des prix pour les salaires ; on permet aux RMIste d'avoir de très petits salaires ; on baisse les retraites par des moyens astucieux ; on dit de travailler plus alors que le travail disponible augmente moins vite que la population active ; etc...

En fait, tout est fait pour une baisse relative des revenus du travail et tout le monde marche avec ce scénario camouflé, consciemment ou inconsciemment. 

Je crois que la base de toutes les revendications et du mal de vivre actuel  est dans ce problème, qui serait assez simple à expliquer aux Français.

Mais où est la priorité de nos penseurs à la tête du Parti ? Ils sont aussi en quelque sorte au pouvoir. Vont ils continuer à nous expliquer qu'il faut soigner les conséquences, sans chercher à mettre en évidence les vraies causes compréhensibles par tous. Pourtant, rien de tout cela n est révolutionnaire !

Pour la ligne future de notre parti, si cela n'avance pas dans le sens que j'ai essayé d'exprimer, je me demanderai  dans quelle "sphère" vivent nos dirigeants.

Amitiés.

Michel