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Transformer à gauche - Politiser Imprimer Envoyer
Écrit par Noël NEL   
Dimanche, 09 Mai 2010 19:35
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1. Politiser

Clémentine Autain part du constat de « dépolitisation de l’espace politique » (p. 15) et d’échec généralisé des régimes politiques traditionnels : échecs du communisme, de la social-démocratie, du capitalisme.

Du communisme, elle affirme que « l’idéal communiste n’a jamais été mis en œuvre « (p.13). De la conflictualité, elle pense qu’elle augmente partout : « des pans entiers de la société sont en mouvement et nous parlent bien de son avenir » (p 16). Bref, « une pensée transformatrice » s’exprime puissamment, apportant des « éléments de réponses alternatives concrètes » (p. 18). Il y manque encore « un travail de reconstruction intellectuelle alliant théorie et pratique » et se construisant « avec le mouvement, dans le mouvement » (p. 19).

Il est donc besoin d’un « nouvel imaginaire » bâtissant une « société de partage » (p. 19). On peut y voir le retour au rêve communiste dans sa pureté.

Clémentine Autain prend ce qu’elle appelle elle-même « la posture du procureur », en visant la situation française et la situation européenne de « confusion idéologique » entre PS, UMP, Modem.

Elle fustige les compromissions idéologiques, tout spécialement celles des socialistes (Kouchner, Besson, Amara, Hirsch, Rocard, Lang, Royal) avec la droite et le Modem : « l’identité socialiste et, plus généralement, celle de la gauche sont en cause » (p. 21). Il s’agit là pour elle d’une « relative misère politique » (p. 21), « obsession de l’alternance au détriment de l’alternative » (p. 22).

Dérive des socialistes : « les socialistes n’ont cessé de glisser sur la pente savonneuse empruntée depuis le célèbre ‘tournant de la rigueur’ de 1983. En clair, le PS et ses soutiens intellectuels se sont polarisés à droite » (p. 22). Procès de Bernard-Henry Lévy, « le philosophe attitré de Ségolène Royal » (p. 23), de François Hollande, de Lionel Jospin : « le virage du PS n’est pas qu’économique » (p. 26), il y a aussi « le tournant sécuritaire des socialistes » (p. 26).

Elle critique aussi la gauche dite radicale : « à la gauche du PS, nous avons trop tendance à focaliser nos interventions sur les erreurs ou manquements des socialistes au lieu de nous intéresser à nos propres carences pour faire avancer notre projet » (p. 26). Soit ! Mais de quoi parle-t-elle alors ? « nos divisions et nos essoufflements » ; « les lacunes, les failles, les immobilismes au PCF, à la LCR transformée en NPA ou encore chez les Verts » ! Pour elle, il y a là une « division mortifère » (p. 31) de l’autre gauche, sur laquelle elle reviendra dans le dernier chapitre. On espère alors qu’elle entrera dans l’analyse approfondie des causes de cette division chronique.

Un peu jargonnante parfois, Autain dénonce « l’économie de la production de l’idéologie dominante » (p. 37), cette fabrique du consentement, de la connivence, de l’homogénéité qui favorise le pouvoir en place. Pour elle, il n’y a donc plus de conflit politique digne de ce nom. Et seule à ses yeux, l’autre gauche pourra mobiliser et « redonner des couleurs à l’idéal d’émancipation humaine » (p. 40) qui doit emprunter différents chemins pour différents types de sociétés. Bref, il n’est plus d’idéal unique et plus de modèle tout prêt pour l’émancipation ! L’histoire est bien passée par là !

 



Mise à jour le Dimanche, 09 Mai 2010 19:53