| Vincent Peillon et le socialisme français |
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| Écrit par Noël NEL | ||||
| Dimanche, 11 Janvier 2009 19:43 | ||||
Page 1 sur 2 Dans son livre La Révolution française n'est pas terminée (Seuil, août 2008), Vincent Peillon fait œuvre de philosophe, historien, homme politique pour décrire la tradition socialiste française et ouvrir des perspectives au socialisme à venir. La République est née de la Révolution française. Elle perdure si elle s'engendre ou renaît perpétuellement, dans le réel et à travers les récits que les historiens en proposent, récits qui sont autant de grandes manières de construire l'identité de la République. Ces récits d'historiens sont donc pluriels. Deux grandes tendances les caractérisent :
Peillon veut montrer qu'une autre conception de la République est possible. Pour ce faire, il s'appuie sur les travaux d'une nouvelle génération de philosophes et d'historiens qui, dans les dernières décennies du 20ème siècle, remettent en cause les interprétations dualistes de la Révolution française. Ces penseurs affirment que les républicains français ont constamment cherché à surmonter le dualisme évoqué ci-dessus autour d'un troisième terme (association, humanité, fraternité, solidarité). Peillon essaie alors de définir le Socialisme du 21ème siècle en se fondant sur le courant oublié du socialisme français, dans la ligne des républicains français. C'est d'abord un socialisme libéral, au sens de la Révolution française et de la Déclaration des droits de l'homme. Il faut donc rétablir une généalogie exacte entre libéralisme, républicanisme et socialisme : un lien profond les unit en effet au niveau conceptuel, historique et politique. D'où le plan du livre : la République française est libérale, sociale, fraternelle, spirituelle, humanitaire, laïque et vivante.
1. Critique de l'historiographie dominanteL'historiographie dominante repose sur Marx et Tocqueville, c'est-à-dire sur les théories communistes et les théories ultra-libérales. Ces deux théories sont complices en ce sens qu'elles reposent sur la même processus de déshumanisation. Elles ne voient dans toutes les révolutions qu'un seul dispositif à l'œuvre, une seule idée de la Révolution. Elles laissent échapper ce qu'il y a de réellement nouveau dans ce que la Révolution française libère : une nouvelle configuration du politique et du religieux. Les deux théories de Marx et Tocqueville postulent la fin de l'histoire. Elles aboutissent à des oppositions stériles qui enferment : individu contre Etat ; République contre démocratie ; liberté contre égalité ; libéralisme contre socialisme ; politique contre morale ; laïcité contre religion , etc... On aboutit avec elles à une histoire de France trouée ou tronquée. Il faut donc pour Peillon dépasser toutes ces oppositions pour percevoir le sens profond de la dynamique républicaine en France.
2. Le courant du socialisme françaisPour Peillon, il y a un socialisme allemand (Marx) et un socialisme français, et il ne faut pas les confondre. Le socialisme français a toujours été vivace, mais constamment occulté. Il n'a donc pas eu droit de cité ou trop peu. Il convient de le réhabiliter. Le socialisme français est une tradition républicaine et sociale qui s'est fondée autour de l'école, qui a eu le souci des lois sociales, des progrès démocratiques, de l'Europe, de la Société des Nations. Il a deux lignes de force : la République libérale, sociale, fraternelle, qui permet de dépasser l'individualisme et l'étatisme ; la République spirituelle, morale et religieuse, qui permet de dépasser le positivisme. Il existe ainsi une spiritualité républicaine spécifique définie par la République vivante, la laïcité intérieure, le rationalisme élargi. Il s'agit d'un besoin d'absolu, d'idéalité spécifique, de morale qui ne se sépare jamais de la politique, qui est donc toujours en mouvement.
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| Mise à jour le Vendredi, 08 Mai 2009 22:14 |
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