Forum Bibliothèque Stratégie politique Martine Aubry revient...
Martine Aubry revient... Imprimer Envoyer
Écrit par Noël NEL   
Dimanche, 19 Octobre 2008 23:50
Index de l'article
Martine Aubry revient...
Une volonté de construire l'avenir
Proposer à tous les échelons de l'action politique
Toutes les pages

Le livre de référence

Martine Aubry, Et si on se retrouvait, Editions de l'Aube, août 2008, 205 pages.

Elle est interviewée par le journaliste Stéphane Paoli et le sociologue Jean Viard.

pdfTélécharger le document


Ce livre d'entretiens comporte une introduction qui prône le retour aux fondamentaux du socialisme, affiche la croyance forte en un volontarisme politique et en appelle au travail collectif.
Il déroule  7 chapitres consacrés aux valeurs du 21ème siècle (chap.1), à la Gauche (chap.2), au parcours personnel (chap.3),  à l'expérience à la mairie de Lille (chap.4), à la question des 35 heures et des réformes sociales (chap. 5), à la vision de l'Europe et du monde (chap.6), au retour de la gauche au pouvoir (chap.7). La conclusion concerne la rénovation du Parti socialiste et réaffirme le credo d'ensemble : « réinventer les réponses d'aujourd'hui à partir de nos valeurs de toujours ».

On ne trouve pas trace d'une quelconque polémique avec d'autres dirigeants socialistes.

 

1. Une façon d'assumer le passé

 

Pour Martine Aubry, assumer le passé, c'est assumer sa biographie personnelle, ses expériences de ministre, les valeurs traditionnelles du socialisme.

 

11.   Assumer son histoire personnelle.

 

De son père Jacques Delors et de sa mère, basque d'origine, Martine Aubry a appris l'exigence intellectuelle, la force de caractère, l'engagement généreux sur le terrain, la mutualisation, l'ouverture à la vie.

 

12.   Assumer ses expériences de ministre

 

Au sortir de l'ENA, Martine Aubry rejoint le ministère du Travail (Michel Durafour) avec la conviction que l'économique et le social se renforcent. Elle  travaille comme fonctionnaire  sur la réduction du temps de travail pour Robert Boulin : «  je garde de ces années au ministère du Travail un attachement profond à la fonction publique ». Elle fait la connaissance d'Antoine Riboud et de Jean Gandois, qu'elle admire profondément. En politique, elle suit alors Jacques Delors et Michel Rocard.

En 1981, directrice adjointe du cabinet de Jean Auroux, elle prépare les lois Auroux, puis travaille avec Pierre Beregovoy et Philippe Seguin. Elle est nommée ensuite  maître des requêtes au Conseil d'Etat, puis travaille deux ans avec Gandois chez Pechiney

Alors qu'elle est entrée au PS en 1974, qu'elle se tient hors des courants, elle occupe sa première fonction politique comme ministre du Travail et de l'Emploi sous Edith Cresson. Elle ne voit Mitterrand en tête à tête qu'à partir de 1991 : « il connaissait la France et comprenait la société ». En 1993, elle sort du ministère, crée la Fondation Agir contre l'exclusion (FACE), puis devient porte-parole de Lionel Jospin en 1995, redevient ministre du Travail en 1997 alors qu'elle souhaitait la culture. Elle en démissionne en 2000 pour se consacrer à Lille. Elle entend y développer un modèle de ville contemporaine qui, cherchant à retrouver les villes de la Renaissance, tourne le dos au modèle américain comme au modèle de Le Corbusier.

 

Martine Aubry est donc entrée en politique dans la ligne des ses choix professionnels et syndicaux (CFDT). Elle est restée soucieuse de faire travailler ensemble chefs d'entreprise et syndicats. Elle est fière des 35 heures, de la CMU, des lois contre l'exclusion, de l'allocation personnalisée d'autonomie et de son expérience à la mairie de Lille. La politique est toujours pour elle « un aller et retour permanent entre les valeurs et la réalité, entre la réflexion et l'action ».

 

13.   Assumer les valeurs socialistes traditionnelles

 

Dans le contexte difficile actuel, Martine Aubry pense indispensable de revenir aux fondamentaux de la gauche et de les approfondir. Ils se nomment égalité, liberté, laïcité, fraternité, solidarité, émancipation, justice; ce sont « les valeurs historiques du socialisme » et « il faut les garder, les défendre, les faire vivre ». Ils concernent  le sens de la société : haut niveau d'éducation, accès à la santé pour tous, accompagnement des aînés, relations avec l'individu et le collectif, limites du marché, goût de vivre ensemble. Ils concernent la République et la démocratie (politique, sociale, citoyenne). Ils concernent la politique de l'immigration qui doit être fondée sur « un juste équilibre entre famille, travail et asile » avec des accords négociés de co-développement, des politiques de visas pour les étudiants.

 

Le travail est pour elle une valeur emblématique de la gauche et les 35 heures sont « une vraie réforme de civilisation » qui touche à la répartition du travail entre ceux qui en ont et ceux qui n'en ont pas et entre travail et capital : « travailler plus en travaillant plus nombreux ». Elle pense toujours que  « les 35 heures vont dans le sens de l'histoire ». Mais il conviendra de faire un bilan, de résoudre les problèmes posés pour 15% des salariés.

 

 



Mise à jour le Vendredi, 08 Mai 2009 22:15