| Hollande propose ses inventaires |
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| Écrit par Noël NEL | |||||
| Lundi, 01 Février 2010 23:08 | |||||
« Il y a pour tout responsable un devoir d’inventaire, une obligation de lucidité, une exigence de vérité. Mais nul n’a besoin de revêtir les habits noirs d’un syndic de faillite » F. Hollande (p. 77).
Le livre de référence François Hollande, Droit d’inventaires. Entretiens avec Pierre Favier, Seuil, novembre 2009. ******* François Hollande a dirigé durant 11 ans le Parti socialiste, 5 ans dans la majorité, 6 ans dans l’opposition. Il a été observateur et participant de la période Mitterrand (1981- 1995) et de la période Jospin (1997-2002), donc à ce titre témoin privilégié du séisme de 2002. Enfin, il a été le compagnon de Ségolène Royal, la candidate socialiste à l’élection présidentielle de 2007. Pour ces raisons, son analyse de près de 30 ans de politique française est intéressante. Il applique à son parcours, à celui de la gauche (Mitterrand, Rocard, Jospin, Ségolène Royal), et à la politique sarkozyste le droit d’inventaire posé par Jospin en 1995, à propos du mitterrandisme. Il s’agit à ses yeux d’en tirer des leçons. De plus, il parle de l’avenir et présente son « réformisme de gauche » comme le projet possible pour la présidentielle de 2012, qui l’intéresse au plus haut point. Le livre relève du genre des entretiens avec Pierre Favier, ancien directeur du service politique de l’AFP pendant 5 ans. Il a été préparé sur un an par 15 rencontres (printemps 2008 – été 2009) et il est proposé en 35 chapitres qui suivent le déroulement chronologique des événements. Nous le présentons de manière synthétique, en focalisant sur les points majeurs et en délaissant la critique du sarkozysme pour nous centrer sur l’approche des réalités concernant la gauche.
La famille, les origines
F. Hollande est né en 1954 à Rouen, dans une famille petite-bourgeoise, conservatrice, qui compte deux grands-pères (instituteur et tailleur), un père médecin « Algérie française » et une mère assistante sociale. Installé à Paris, délégué de classe au lycée Pasteur à Neuilly, il n’a rien d’un rebelle et se dit « apprenti citoyen curieux », ni révolutionnaire, ni conformiste. Responsable Unef à Sciences-Po en 1972, il est déjà subjugué par le tribun Mitterrand, qu’il admire dès la campagne de 1974. A Mitterrand, il accorde sa sympathie parce qu’il incarne le changement. Pour le Parti communiste de l’époque, il a « de la tendresse » en raison de la Résistance et des luttes qu’il mène. Il adhère donc à l’union de la gauche, pensant déjà que « l’union transforme la tentation de radicalité en culture de gouvernement. C’est encore vrai aujourd’hui » (p. 14).
Les années Mitterrand (1981-1995)
Au moment de l’arrivée de la gauche au pouvoir, F. Hollande a 27 ans. Il est militant, candidat député en 1981 en Corrèze face à Chirac, perdant de justesse. Echec aux cantonales de 1982, aux municipales de 1983, aux législatives de 1986. Il sera député de Tulle en 1988-93 puis de nouveau en 1997. En 1981, il appartient au cercle des conseillers à l’Elysée avec Attali, Bianco, Boublil, Benassayag, Stasse, Boulard, Morel, Ségolène Royal. On fait des notes, prépare des discours, imagine des plans de campagne. On a le rôle de la boîte à idées. Hollande y est en tant que jeune économiste, auditeur à la Cour des Comptes, produisant des notes économiques, des analyses politiques pour Attali. Il quitte cette équipe en mars 1983 pour devenir directeur de cabinet de Max Gallo, porte-parole du gouvernement : retissage des liens avec la presse, reformulations idéologiques de l’identité de la gauche. Puis, devenu directeur du Matin de Paris, Gallo constitue une équipe comprenant Alexandre Adler, Christine Bravo et F. Hollande, retourné à la Cour des Comptes, tenté par la presse et écrivant dans le journal de Gallo. De ce dernier, F. Hollande dit au passage que, s’il aime servir une cause et un homme, il en a changé plusieurs fois.
Hollande assiste à l’affrontement entre les deux gauches, celle de Mitterrand et celle de Rocard. Il respecte Rocard et pense même qu’il a « créé les conditions de la victoire de François Mitterrand » (p. 22) en évitant la primaire avec ce dernier et en le soutenant loyalement. Tout en ayant toujours soutenu Mitterrand, Hollande pense que la deuxième gauche, celle de Rocard, a gagné la bataille : « le souci du compromis, le rôle des organisations syndicales, l’exigence démocratique, le respect de la réalité économique… Ce furent les difficultés du pouvoir qui finirent par obliger à cette synthèse entre l’Etat et la société » (p.20). Pour lui, il faut se défier des incantations verbales, des programmes globaux, « d’une forme de volontarisme qui fait financer les promesses les plus audacieuses par d’hypothétiques relances de la croissance ». En ce sens, en 1981, on a créé « l’illusion d’un changement de vie pour chacun » (p. 20) même si « l’identité du PS a été fixée au congrès d’Epinay il y a près de 40 ans » (p. 21). Pour Hollande, 1983 a fait l’objet d’un silence coupable : « Faute d’avoir théorisé ce moment, nous l’avons traîné comme un boulet de mauvaise conscience » (p. 39). Et en 1985-86, F. Hollande prend des initiatives « transcourants » autour de Jacques Delors. Si F. Mitterrand a eu « l’immense mérite d’installer la gauche au pouvoir dans la durée », F. Hollande pense qu’il ne faut pas confondre les deux septennats : « il y a un septennat de transformation puis un septennat de circonstance » (p.78). C’est le premier qui a apporté la décentralisation, la retraite à 60 ans, la 5ème semaine de congés payés, les droits des salariés, l’abolition de la peine de mort, la fin des tribunaux militaires, la liberté de l’audiovisuel, les radios libres, le droit d’association pour les étrangers…. Du Mitterrand de 1988, F. Hollande affirme qu’il a choisi la facilité et l’ambiguïté et ne s’en est pas sorti jusqu’au bout, sa « Lettre à tous les Français » étant « une sorte d’épître pour que la vie continue » (p. 40). Autour de lui, de Rocard à Beregovoy, Jospin, Fabius, « il y avait un consensus de la facilité » (p. 42) et même une paresse : « c’est là …que le parti a commencé à ne plus réfléchir sur ce que devait être son identité » (p. 43). Donc, dès 1988, et cela durera près de 22 ans ! De 1988 à 1993, le PS est ainsi devenu pour F. Hollande « le parti du pouvoir….c’est-à-dire un parti qui décide de tout, qui contrôle tout, qui s’autorise tout, sauf l’ exigence de la réflexion et du travail collectif » (p. 44). Finalement, « Mitterrand a raté en 1988 une occasion de renouveler profondément la vie politique française » (p. 46). Le second septennat de Mitterrand est alors le moment où, chez les héritiers, « l’esprit de revanche commence à souffler »(p. 51). Le Congrès de Rennes en marquera l’apogée. De cette période, avec M. Rocard, E.Cresson, P. Beregovoy comme Premiers ministres, F. Hollande tire une leçon : « J’insiste : quand dans un moment politique difficile, vous n’avez pas la cohérence institutionnelle, pas d’unité au sein du parti majoritaire et une conjoncture économique défavorable,… rien ne peut tenir » (p. 65). Il faut se rappeler la déroute de 1993 : le PS n’a plus que 60 députés sur 250 ! Et se rappeler que dès 1992, avec Beregovoy, on parlait des « éléphants » du parti, à écarter des responsabilités ministérielles, et que le seul à être écarté fut… Jospin, en disgrâce aux yeux de Mitterrand. Finalement, l’aspect positif du bilan concernant Mitterrand est pour Hollande : « une volonté, celle de la conquête du pouvoir ; une stratégie, celle de l’union de la gauche ; une vision, celle de l’Europe politique qu’il a globalement mise au service de son pays » (p. 80). Il ajoute encore la réconciliation des socialistes avec l’économie, la culture de gouvernement, mais « son erreur fut de ne pas revendiquer ses choix et de ne pas théoriser cette pratique » (p. 81).
L’époque Jospin (1995-2002)
A plusieurs reprises dans ce livre, F. Hollande se montre fidèle à Jospin : il a vécu la rivalité Fabius – Jospin en étant très sollicité par ce dernier ; il comprend le choix de Jospin en 1988 d’abandonner la direction du PS qu’il a occupée pendant 7 ans et sa volonté de devenir Ministre de l’Education nationale. En 1995, la candidature de Jospin à la présidentielle est pour Hollande une façon de clôturer « le cycle tumultueux ouvert par le congrès de Rennes. Elle solde le passé. Jospin était sans illusion sur la victoire. Il l’avoue a posteriori : il ne l’a jamais crue possible » (p. 73). Cependant, il a mené « une campagne digne et claire » (p.75) réclamant le droit d’inventaire, indispensable aussi aux yeux de F. Hollande.
Pour Hollande, Jospin est multiple : le chef de parti de 1981 ; l’homme des batailles internes, le chef de courant ; le solitaire du congrès de Liévin ; l’homme confiant d’après la présidentielle de 1995. F. Hollande est à ses côtés, de 1995 à 1997, comme porte-parole du PS. « Entre 1995 et 1997, nous avons fait en deux ans ce que nous n’avions pas réalisé pendant une décennie : reconstruire un projet, rebâtir des réseaux, préparer des candidatures législatives, renouveler les cadres » (p. 83). Deux années de bonheur politique avoué, sans être le courtisan parfait ! Et deux ans de réflexion pour compenser 10 ans d’inaction ! La dissolution de 1997 ramène la gauche aux responsabilités plus vite que prévu, alors que les différends ne sont pas gommés entre Verts, communistes et socialistes sur des sujets majeurs comme le nucléaire, les retraites, les institutions. Mais, qu’il s’agisse de 1936, 1946, 1956 ou 1981, la gauche n’arrive jamais au pouvoir en temps d’accalmie ou de prospérité. Jospin devenant Premier ministre en juin 1997, F. Hollande prend la direction du PS. En cas de refus, il affirme qu’il aurait été ministre. On lui reprochera souvent de n’avoir pas cherché à être ministre. La relation qui s’établit avec Jospin est à ses yeux « de confiance et de travail », avec deux entretiens par semaine Si Jospin aux affaires du pays a su pour Hollande s’entourer des personnalités compétentes, il a cependant fait des impasses : « aucune personnalité représentant la diversité ou la population issue des quartiers. Pas de saut générationnel. Peu de jeunes vraiment jeunes. Pas d’acteurs sociaux, ni de représentants du monde du travail »(p. 93). Un gouvernement insuffisamment représentatif ! Et la mission du Premier secrétaire dans ce contexte est triple : « élaboration des décisions essentielles…faire le lien entre le gouvernement et la majorité…défendre le gouvernement quand il était interpellé et attaquer le Président de la République quand lui-même sortait de son rôle institutionnel » (p. 94-95). Au registre des erreurs et insuffisances sous Jospin, F. Hollande verse : « le silence sur la présence de l’Etat dans le capital de certaines entreprises » (p. 99) ; le fait d’avoir oublié de « redéfinir avec nos partenaires le pacte majoritaire au milieu de la législature et d’ouvrir un dialogue avec les organisations syndicales » (p. 111) ; les questions de l’immigration, qui donnent à la gauche mauvaise conscience ; le traitement du dossier corse (affaire Bonnet) ; le coup du quinquennat avec inversion du calendrier législatives / présidentielle ; l’organisation confuse de la campagne de 2002. Les difficultés de la direction du PS
F. Hollande défend dans ce livre une seule ligne : il fut le chef de parti soucieux de synthèse et d’unité, mais sans se sacrifier pour autant, tout en décidant en fonction de l’intérêt supérieur du parti. Il déclare avoir voulu rompre avec la logique des courants : « je n’ai jamais voulu être un chef de courant …je voulais sortir le PS de ces jeux » (p. 100). Echec complet ! Concernant les Européennes de 2005, il signale avoir en vain voulu sanctionner Mélenchon sur son comportement : « Les tenants du non étaient solidaires et, au sein du oui, les amis de D. Strauss - Kahn ne voulaient pas entrer dans une logique disciplinaire. Le manquement au respect du vote des adhérents devenait ainsi impuni. Et la brèche fut ouverte pour toutes les transgressions » (p. 252). Il nomme ce comportement, de la « pusillanimité » (p. 252) et dénonce les socialistes recouvrant les affiches de leur propre parti. En ce sens pour lui, « l’élection présidentielle de 2007 s’est jouée en 2005 » (p.254), dans ce refus d’accepter la décision commune qui va devenir par la suite une funeste habitude. En somme, « le problème majeur des socialistes, c’est leur individualisme…la logique du chacun pour soi » (p. 302). Enfin, il déplore que le Premier secrétaire du parti ne sois plus considéré comme le candidat naturel à l’élection présidentielle : « c’est bien le problème du Parti socialiste depuis 2002. Son chef n’est plus considéré comme présidentiable » (p. 264).
Ségolène Royal, la présidentielle (2007), le Congrès de Reims
De Ségolène Royal, Hollande dit qu’elle « avait déjà été tentée par la candidature à la présidentielle de 1995 au lendemain du renoncement de Jacques Delors » (p. 266) et qu’elle était en 1997 candidate au poste de Présidente de l’Assemblée nationale (p. 92). Rappelant que l’opération « adhérents à 20 euros » était une idée de Jack Lang qui fit gagner 120 000 adhérents en 6 mois, il précise que, « même avec le parti d’avant, Ségolène Royal eût été investie » (p. 273). Il souligne sans peine qu’elle n’a pas été « ménagée par ses concurrents au sein du PS » mais a fait preuve « de résistance » (P.278) et ajoute : « Les coups en 2006 ont été retenus. Je crains que la prochaine compétition devant les électeurs pour une primaire ouverte ne soit plus féroce encore » (p. 278).
Hollande considère les débats participatifs chers à Ségolène Royal comme « une bonne démarche » à laquelle le temps a manqué. A la rencontre avec Bayrou, il reproche d’avoir eu lieu « trop tard ou trop tôt » (p. 291). Pour lui, il fallait surtout s’adresser à ses électeurs, mai pas à Bayrou qui ne s’était pas désisté pour le PS, n’avait pas accepté son projet, n’avait pas admis de gouverner avec les socialistes. A propos du congrès de Reims, Hollande souligne que « rien ne séparait les protagonistes sur les idées essentielles » (p. 342), qu’il soutenait Delanoé, et que les différences ne se faisaient que sur les personnes. Il avoue avoir appelé à la constitution d’une majorité, mais qu’il y eut double échec : celui de Ségolène pour faire 51% au premier tour et celui des autres, car « une autre majorité ne s’est pas davantage formée » (p. 345). Il affirme que Martine Aubry ne voulait pas que Delanoé soit Premier secrétaire, dans un jeu d’ailleurs à trois avec Benoît Hamon (p. 346). Conclusion : « Reims n’a rien produit, sauf la division, la contestation, le ridicule, l’arrangement. Les courants qui s’y sont affrontés ont depuis, pour la plupart, volé en éclats » (p. 347). La présidentielle de 2012
Aux yeux de F. Hollande, la social-démocratie traverse fin 2009 une « mauvaise passe » car « la gauche est mal à l’aise avec la mondialisation, elle ne sait si elle doit s’en dégager ou se l’approprier ; elle hésite entre un modernisme sans principe et une tradition sans relief, entre la troisième voie et l’exemple scandinave, entre les classes moyennes et les classes populaires….entre le réel et l’idéal. Et elle finit par se trouver entre le marteau et l’enclume. Le socialisme, ces dernières années, navigue à vue » (p. 5). Et ce trouble est pour lui celui de la famille progressiste tout entière. F. Hollande a connu deux défaites présidentielles (2002 et 2007) dans lesquelles il prend sa part de responsabilités. Pour lui, on peut en tirer, non des lois, mais des principes. Le catalogue des erreurs est impressionnant : « le déni de réalité, l’inconstance des positions, l’esprit de catalogue, la politique réduite à une tactique, la propension au dénigrement, la culture de la division, l’affaiblissement de l’autorité, la basisme qui n’est que la démagogie rapportée à un parti, l’individualisme, voilà les plus sûrs moyens de rencontrer l’échec et le discrédit » (p. 7). Si le PS n’a pas commis toutes ces fautes, il en a « emprunté certains traits au point qu’il y a désormais péril » (p. 7). Car « le problème des socialistes, il n’est pas extérieur à eux-mêmes….il est en eux-mêmes, dans leur comportement, leur mode de vie, dans leur facilité intellectuelle et dans la réticence de leurs dirigeants à en choisir un parmi eux » (p.7). Il existe pourtant des recettes de la réussite qui s’inspirent de la crédibilité apportée par Mitterrand et Jospin ; de la cohérence qui doit relever de l’appartenance au mouvement socialiste européen ; de la vérité, qui consiste à assumer clairement d’être réformiste et force de gouvernement. D’une manière générale, pour F. Hollande, la gauche ne gagne qu’à 3 conditions : « lorsqu’elle est portée par une force programmatique, conduite par un leader crédible et enfin, lorsque la droite est divisée » (p. 25). Il le répète volontiers : « lorsque le Parti socialiste est au travail, ce qui n’écarte pas les discussions, voire les différenciations ; lorsqu’il s’installe comme un parti de gouvernement, ce qui ne fait pas disparaître l’imagination et l’audace, et lorsqu’il dispose d’un chef légitime, ce qui ne réduit pas les contestations, il crée de la crédibilité, de l’espoir et les conditions d’une victoire » (p. 84). Tout cela présuppose évidemment une gauche unie dans un système d’alliance. Pour 2012, F. Hollande pense que « de la constitution d’un nouveau système d’alliance dépendra la possibilité même de l’alternance ». (p. 8). A ses yeux, la gauche puise à plusieurs sources : « elle est à la fois républicaine – Mitterrand en était l’un des symboles – gestionnaire – le socialisme municipal a précédé la gauche de gouvernement contestatrice et héritière des grands mouvements et des luttes. Et c’est du rassemblement de toutes ces histoires que dépend le succès » (p. 19). Hollande espère « une fédération des progressistes » (p. 123), avec la gauche et les écologistes, préparant une plate-forme minimale et préfigurant la future majorité, donc un pacte majoritaire et une coalition parlementaire. Il exclut l’extrême – gauche. Avec le Modem, il parle d’entrer dans une « démarche de coalition assumée » (p. 359), par forcément autour d’un projet commun, mais d’une plate-forme ou d’un socle commun « qui justifiera les reports du second tour et l’alliance pour le changement » (p. 359). L’opposition au sarkozysme se compose à présent de 4 familles : socialiste et alliés ; écologistes non réduits aux Verts ; gauche de la gauche, avec ou sans le PC ; Modem. Hollande veut aussi une primaire précoce, fin 2010. Il la voit avec un large accès aux sympathisants, à moindre coût (2 euros) avec liste électorale et règles strictes de présentation pour limiter le nombre de candidats. Mécanisme fixé dès le printemps 2010. Opération lancée à l’automne 2010, début 2011 au plus tard. Hollande tire des leçons de la crise de 2007 : « la crise ouvre un nouveau cycle où tout doit être revisité : le pilotage de la politique économique, la place des services publics, le contrôle des banques, la hiérarchie des rémunérations, l’organisation du travail, mais aussi les modes de production et de consommation. Des valeurs se réaffirment : l’intérêt général, le respect de la planète, la sobriété des comportements. L’individualisation, la peur de l’avenir, la récompense du travail ne s’en trouvent pas pour autant réduites. Bref, un équilibre est à trouver » (p. 331). Son livre se veut donc, dans cette perspective, « une invitation à un renouvellement de notre pensée et de nos méthodes ». Il faut d’abord identifier les défis majeurs. F. Hollande en voit cinq : « le redressement de la compétitivité, une grave crise des finances publiques, un déséquilibre structurel de la protection sociale, le vieillissement de la population et la mutation écologique » (p. 8). Cela oblige les socialistes à actualiser deux de leurs valeurs : le progrès, qui doit être élargi à tout ce qui améliore la vie, et l’égalité, dont les moyens doivent être individualisés. Il en résulte une « démocratie de la réussite » qui ne néglige ni l’individu, ni le collectif. Un nouveau contrat est à bâtir après la crise de 2008 autour de 3 exigences : la production fondée sur la croissance technologique et écologique, l’éducation visant une société de la connaissance et la redistribution dans l’équité fiscale et sociale. Le socialisme ainsi espéré sera « le progrès de l’humanité, la solidarité planétaire et le lien entre les générations » (p. 9). « Les nouvelles conquêtes ne se feront plus sur le temps mais sur la qualité du travail, sur les connaissances, la promotion sociale, la reconnaissance des parcours et l’accès à la culture » (p. 116).
Noël Nel
Mots clés : Socialisme, gauche, élections |
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| Mise à jour le Lundi, 01 Février 2010 23:20 |
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