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Écrit par Noël NEL   
Lundi, 01 Février 2010 23:08
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Hollande propose ses inventaires
L’époque Jospin (1995-2002)
Ségolène Royal, la présidentielle (2007), le Congrès de Reims
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Ségolène Royal, la présidentielle (2007), le Congrès de Reims

De Ségolène Royal, Hollande dit qu’elle « avait déjà été tentée par la candidature à la présidentielle de 1995 au lendemain du renoncement de Jacques Delors » (p. 266) et qu’elle était en 1997 candidate au poste de Présidente de l’Assemblée nationale (p. 92).

Rappelant que l’opération « adhérents à 20 euros » était une idée de Jack Lang qui fit gagner 120 000 adhérents en 6 mois, il précise que, « même avec le parti d’avant, Ségolène Royal eût été investie » (p. 273).

Il souligne sans peine qu’elle n’a pas été « ménagée par ses concurrents au sein du PS » mais a fait preuve « de résistance » (P.278) et ajoute : « Les coups en 2006 ont été retenus. Je crains que la prochaine compétition devant les électeurs pour une primaire ouverte ne soit plus féroce encore » (p. 278).

Hollande considère les débats participatifs chers à Ségolène Royal comme « une bonne démarche » à laquelle le temps a manqué. A la rencontre avec Bayrou, il reproche d’avoir eu lieu « trop tard ou trop tôt » (p. 291). Pour lui, il fallait surtout s’adresser à ses électeurs, mai pas à Bayrou qui ne s’était pas désisté pour le PS, n’avait pas accepté son projet, n’avait pas admis de gouverner avec les socialistes.

A propos du congrès de Reims, Hollande souligne que « rien ne séparait les protagonistes sur les idées essentielles » (p. 342), qu’il soutenait Delanoé, et que les différences ne se faisaient que sur les personnes. Il avoue avoir appelé à la constitution d’une majorité, mais qu’il y eut double échec : celui de Ségolène pour faire 51% au premier tour et celui des autres, car « une autre majorité ne s’est pas davantage formée » (p. 345). Il affirme que Martine Aubry ne voulait pas que Delanoé soit Premier secrétaire, dans un jeu d’ailleurs à trois avec Benoît Hamon (p. 346).

Conclusion : « Reims n’a rien produit, sauf la division, la contestation, le ridicule, l’arrangement. Les courants qui s’y sont affrontés ont depuis, pour la plupart, volé en éclats » (p. 347).


La présidentielle de 2012

Aux yeux de F. Hollande, la social-démocratie traverse fin 2009 une « mauvaise passe » car « la gauche est mal à l’aise avec la mondialisation, elle ne sait si elle doit s’en dégager ou se l’approprier ; elle hésite entre un modernisme sans principe et une tradition sans relief, entre la troisième voie et l’exemple scandinave, entre les classes moyennes et les classes populaires….entre le réel et l’idéal. Et elle finit par se trouver entre le marteau et l’enclume. Le socialisme, ces dernières années, navigue à vue » (p. 5). Et ce trouble est pour lui celui de la famille progressiste tout entière.

F. Hollande a connu deux défaites présidentielles (2002 et 2007) dans lesquelles il prend sa part de responsabilités. Pour lui, on peut en tirer, non des lois, mais des principes. Le catalogue des erreurs est impressionnant : « le déni de réalité, l’inconstance des positions, l’esprit de catalogue, la politique réduite à une tactique, la propension au dénigrement, la culture de la division, l’affaiblissement de l’autorité, la basisme qui n’est que la démagogie rapportée à un parti, l’individualisme, voilà les plus sûrs moyens de rencontrer l’échec et le discrédit » (p. 7). Si le PS n’a pas commis toutes ces fautes, il en a « emprunté certains traits au point qu’il y a désormais péril » (p. 7). Car « le problème des socialistes, il n’est pas extérieur à eux-mêmes….il est en eux-mêmes, dans leur comportement, leur mode de vie, dans leur facilité intellectuelle et dans la réticence de leurs dirigeants à en choisir un parmi eux » (p.7).

Il existe pourtant des recettes de la réussite qui s’inspirent de la crédibilité apportée par Mitterrand et Jospin ; de la cohérence qui doit relever de l’appartenance au mouvement socialiste européen ; de la vérité, qui consiste à assumer clairement d’être réformiste et force de gouvernement.

D’une manière générale, pour F. Hollande, la gauche ne gagne qu’à 3 conditions : « lorsqu’elle est portée par une force programmatique, conduite par un leader crédible et enfin, lorsque la droite est divisée » (p. 25). Il le répète volontiers : « lorsque le Parti socialiste est au travail, ce qui n’écarte pas les discussions, voire les différenciations ; lorsqu’il s’installe comme un parti de gouvernement, ce qui ne fait pas disparaître l’imagination et l’audace, et lorsqu’il dispose d’un chef légitime, ce qui ne réduit pas les contestations, il crée de la crédibilité, de l’espoir et les conditions d’une victoire » (p. 84).

Tout cela présuppose évidemment une gauche unie dans un système d’alliance. Pour 2012, F. Hollande pense que « de la constitution d’un nouveau système d’alliance dépendra la possibilité même de l’alternance ». (p. 8). A ses yeux, la gauche puise à plusieurs sources : « elle est à la fois républicaine – Mitterrand en était l’un des symboles – gestionnaire – le socialisme municipal a précédé la gauche de gouvernement contestatrice et héritière des grands mouvements et des luttes. Et c’est du rassemblement de toutes ces histoires que dépend le succès » (p. 19). Hollande espère « une fédération des progressistes » (p. 123), avec la gauche et les écologistes, préparant une plate-forme minimale et préfigurant la future majorité, donc un pacte majoritaire et une coalition parlementaire. Il exclut l’extrême – gauche. Avec le Modem, il parle d’entrer dans une « démarche de coalition assumée » (p. 359), par forcément autour d’un projet commun, mais d’une plate-forme ou d’un socle commun « qui justifiera les reports du second tour et l’alliance pour le changement » (p. 359). L’opposition au sarkozysme se compose à présent de 4 familles : socialiste et alliés ; écologistes non réduits aux Verts ; gauche de la gauche, avec ou sans le PC ; Modem.

Hollande veut aussi une primaire précoce, fin 2010. Il la voit avec un large accès aux sympathisants, à moindre coût (2 euros) avec liste électorale et règles strictes de présentation pour limiter le nombre de candidats. Mécanisme fixé dès le printemps 2010. Opération lancée à l’automne 2010, début 2011 au plus tard.

Hollande tire des leçons de la crise de 2007 : « la crise ouvre un nouveau cycle où tout doit être revisité : le pilotage de la politique économique, la place des services publics, le contrôle des banques, la hiérarchie des rémunérations, l’organisation du travail, mais aussi les modes de production et de consommation. Des valeurs se réaffirment : l’intérêt général, le respect de la planète, la sobriété des comportements. L’individualisation, la peur de l’avenir, la récompense du travail ne s’en trouvent pas pour autant réduites. Bref, un équilibre est à trouver » (p. 331).

Son livre se veut donc, dans cette perspective, « une invitation à un renouvellement de notre pensée et de nos méthodes ». Il faut d’abord identifier les défis majeurs. F. Hollande en voit cinq : « le redressement de la compétitivité, une grave crise des finances publiques, un déséquilibre structurel de la protection sociale, le vieillissement de la population et la mutation écologique » (p. 8). Cela oblige les socialistes à actualiser deux de leurs valeurs : le progrès, qui doit être élargi à tout ce qui améliore la vie, et l’égalité, dont les moyens doivent être individualisés. Il en résulte une « démocratie de la réussite » qui ne néglige ni l’individu, ni le collectif.

Un nouveau contrat est à bâtir après la crise de 2008 autour de 3 exigences : la production fondée sur la croissance technologique et écologique, l’éducation visant une société de la connaissance et la redistribution dans l’équité fiscale et sociale. Le socialisme ainsi espéré sera « le progrès de l’humanité, la solidarité planétaire et le lien entre les générations » (p. 9).

« Les nouvelles conquêtes ne se feront plus sur le temps mais sur la qualité du travail, sur les connaissances, la promotion sociale, la reconnaissance des parcours et l’accès à la culture » (p. 116).

 

Noël Nel

 

Mots clés :

Socialisme, gauche, élections



Mise à jour le Lundi, 01 Février 2010 23:20