Forum Bibliothèque Stratégie politique Hollande propose ses inventaires - L’époque Jospin (1995-2002)
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Écrit par Noël NEL   
Lundi, 01 Février 2010 23:08
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Hollande propose ses inventaires
L’époque Jospin (1995-2002)
Ségolène Royal, la présidentielle (2007), le Congrès de Reims
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L’époque Jospin (1995-2002)

A plusieurs reprises dans ce livre, F. Hollande se montre fidèle à Jospin : il a vécu la rivalité Fabius – Jospin en étant très sollicité par ce dernier ; il comprend le choix de Jospin en 1988 d’abandonner la direction du PS qu’il a occupée pendant 7 ans et sa volonté de devenir Ministre de l’Education nationale. En 1995, la candidature de Jospin à la présidentielle est pour Hollande une façon de clôturer « le cycle tumultueux ouvert par le congrès de Rennes. Elle solde le passé. Jospin était sans illusion sur la victoire. Il l’avoue a posteriori : il ne l’a jamais crue possible » (p. 73). Cependant, il a mené « une campagne digne et claire » (p.75) réclamant le droit d’inventaire, indispensable aussi aux yeux de F. Hollande.

Pour Hollande, Jospin est multiple : le chef de parti de 1981 ; l’homme des batailles internes, le chef de courant ; le solitaire du congrès de Liévin ; l’homme confiant d’après la présidentielle de 1995.

F. Hollande est à ses côtés, de 1995 à 1997, comme porte-parole du PS. « Entre 1995 et 1997, nous avons fait en deux ans ce que nous n’avions pas réalisé pendant une décennie : reconstruire un projet, rebâtir des réseaux, préparer des candidatures législatives, renouveler les cadres » (p. 83). Deux années de bonheur politique avoué, sans être le courtisan parfait ! Et deux ans de réflexion pour compenser 10 ans d’inaction !

La dissolution de 1997 ramène la gauche aux responsabilités plus vite que prévu, alors que les différends ne sont pas gommés entre Verts, communistes et socialistes sur des sujets majeurs comme le nucléaire, les retraites, les institutions. Mais, qu’il s’agisse de 1936, 1946, 1956 ou 1981, la gauche n’arrive jamais au pouvoir en temps d’accalmie ou de prospérité.

Jospin devenant Premier ministre en juin 1997, F. Hollande prend la direction du PS. En cas de refus, il affirme qu’il aurait été ministre. On lui reprochera souvent de n’avoir pas cherché à être ministre. La relation qui s’établit avec Jospin est à ses yeux « de confiance et de travail », avec deux entretiens par semaine

Si Jospin aux affaires du pays a su pour Hollande s’entourer des personnalités compétentes, il a cependant fait des impasses : « aucune personnalité représentant la diversité ou la population issue des quartiers. Pas de saut générationnel. Peu de jeunes vraiment jeunes. Pas d’acteurs sociaux, ni de représentants du monde du travail »(p. 93). Un gouvernement insuffisamment représentatif ! Et la mission du Premier secrétaire dans ce contexte est triple : « élaboration des décisions essentielles…faire le lien entre le gouvernement et la majorité…défendre le gouvernement quand il était interpellé et attaquer le Président de la République quand lui-même sortait de son rôle institutionnel » (p. 94-95).

Au registre des erreurs et insuffisances sous Jospin, F. Hollande verse : « le silence sur la présence de l’Etat dans le capital de certaines entreprises » (p. 99) ; le fait d’avoir oublié de « redéfinir avec nos partenaires le pacte majoritaire au milieu de la législature et d’ouvrir un dialogue avec les organisations syndicales » (p. 111) ; les questions de l’immigration, qui donnent à la gauche mauvaise conscience ; le traitement du dossier corse (affaire Bonnet) ; le coup du quinquennat avec inversion du calendrier législatives / présidentielle ; l’organisation confuse de la campagne de 2002.

Les difficultés de la direction du PS

F. Hollande défend dans ce livre une seule ligne : il fut le chef de parti soucieux de synthèse et d’unité, mais sans se sacrifier pour autant, tout en décidant en fonction de l’intérêt supérieur du parti.

Il déclare avoir voulu rompre avec la logique des courants : « je n’ai jamais voulu être un chef de courant …je voulais sortir le PS de ces jeux » (p. 100). Echec complet !

Concernant les Européennes de 2005, il signale avoir en vain voulu sanctionner Mélenchon sur son comportement : « Les tenants du non étaient solidaires et, au sein du oui, les amis de D. Strauss - Kahn ne voulaient pas entrer dans une logique disciplinaire. Le manquement au respect du vote des adhérents devenait ainsi impuni. Et la brèche fut ouverte pour toutes les transgressions » (p. 252). Il nomme ce comportement, de la « pusillanimité » (p. 252) et dénonce les socialistes recouvrant les affiches de leur propre parti. En ce sens pour lui, « l’élection présidentielle de 2007 s’est jouée en 2005 » (p.254), dans ce refus d’accepter la décision commune qui va devenir par la suite une funeste habitude. En somme, « le problème majeur des socialistes, c’est leur individualisme…la logique du chacun pour soi » (p. 302).

Enfin, il déplore que le Premier secrétaire du parti ne sois plus considéré comme le candidat naturel à l’élection présidentielle : « c’est bien le problème du Parti socialiste depuis 2002. Son chef n’est plus considéré comme présidentiable » (p. 264).

 



Mise à jour le Lundi, 01 Février 2010 23:20