| Imaginer l'après-crise - Que faire du capitalisme ? |
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| Écrit par Laurent OLIVIER | ||||||
| Samedi, 06 Mars 2010 21:27 | ||||||
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Que faire du capitalisme ?La seconde partie de cet ouvrage, entièrement rédigée par Jean-François Lisée, porte sur les débats relatifs à l’avenir du capitalisme. Il définit le capitalisme comme « la création d'un capital géré en soi, investi et réinvesti librement, dans le but d'en accroître le montant; la création d'un véhicule, la corporation, dont la raison d'être est la maximisation du profit, sans égard pour les impacts sociaux ou environnementaux, et dont la situation par défaut est l'impunité ». L'exemple typique en est l'enseigne américaine de distribution Walmart, 1er employeur mondial, connu pour sa politique salariale antisociale et son antisyndicalisme rigoureux. Selon lui, certaines propositions de sortie (Hervé Kempf, NPA, G. Mulgann et l'idée d'un capitalisme serviteur, Québec solidaire comme dépassement du capitalisme) n'ont pas résisté au « test Walmart ». Il propose alors d'autres solutions, comme mettre l'économie sociale et solidaire au centre du jeu. Celle-ci représente 15 % de l'économie mondiale et devrait monter à 25 puis 50 %, notamment en renforçant le coopérativisme par les contrats publics. Il faut aussi encadrer par un traité supervisé par une agence internationale les grandes entreprises nationales ou transnationales en les rendant responsables devant les employés. Les pays signataires seraient contraints de respecter et faire respecter par leurs sous-traitants les conventions internationales du travail et d'établir un plan de réduction graduelle de leur empreinte écologique. En prenant l'exemple de Danone, précurseur, il préconise une rémunération des dirigeants indexée à l'atteinte de ces objectifs. Lisée propose aussi la mise en place d'un nouvel environnement fiscal et international et une lutte contre les inégalités par la fiscalité individuelle. Réformer la fiscalité des transnationales pour renflouer les coffres du Sud. Effectuer la répartition des profits imposables des transnationales, non sur la déclaration de leurs profits générés dans chaque pays mais en fonction du chiffre d'affaires, de la masse salariale et des investissements réalisés dans chaque pays, ce qui est plus contrôlable. En 2030, les Terriens capteront chaque année 200 % des ressources que leur planète peut générer sur un an. Il faut freiner cette « dérive acquisitive » en changeant la fiscalité. Lisée emprunte l'idée à l'économiste Nicolas Kaldor : éliminer l'impôt sur le revenu et le remplacer par un impôt sur la consommation, qui puisse en outre rendre quasi impossible l'évitement fiscal devient, l'exode étant considéré comme une dépense, imposable. Il propose aussi de se donner de nouveaux outils internationaux, en réformant les organisations internationales. Plus optimiste que L. Jospin, Lisée estime que le G20 offre au monde, et notamment à vingt États représentant 87 % de l'humanité, la possibilité de conscientiser, de mobiliser, de proposer des réformes majeures. Lisée propose d'adopter une nouvelle mesure de la richesse (remplacer le PIB), en établissant l'équité dans les rapports Nord-Sud. Il conclut à la nécessité d'un « programme commun » de changement. Si les pays présents pouvaient converger sur quelques réformes phares, à mesure que se déroule le processus de discussion du G20, les chances de progrès seraient maximisées. La fermeture des paradis fiscaux pourrait rapidement devenir la revendication commune.
En définitive, cet ouvrage a surtout le mérite de proposer de rompre l’hégémonie des économistes dans leurs prétentions à être les seuls à posséder les clés de lecture de l’économie. Il rappelle aussi qu'il existe une gauche nord américaine active, imaginative et qui ne peut être réduite à une version plus modérée ou libérale de la gauche européenne. Certains des auteurs sont plutôt partisans d'une radicalisation de la gauche (P. Dufour, P. Graeffe). Certes sans revendiquer la décroissance, ou la rupture avec le capitalisme. Mais le retour de l'Etat et de la régulation est valorisé, de même que la nécessaire dynamisation de l'économie sociale, notamment du mouvement coopératif, important au Québec. Au Québec certains auteurs ou forces politiques, comme Québec Solidaire, assimilent volontiers la « gauche efficace » de J-F Lisée , à une droite respectueuse, ou une sorte de « troisième voie » québécoise, et le déficit 0 soutenu par le Parti Québécois, dont est proche J.F Lisée, n'est pas partagé par tous. On a vu aussi que Lisée semblait plus optimiste sur le rôle du G20 que ne l'est Jospin. Néanmoins, ces réflexions nourrissent un débat nécessaire à gauche, d'autant plus intéressant qu'elles nous viennent du Canada, pays connu pour son libéralisme, et d'une province, le Québec, où le clivage droite - gauche ne fait pas beaucoup sens face à la question nationale. Laurent Olivier [1] Il s'agit plus précisément d'investir dans le capital humain plutôt que dans le capital matériel. C'est aussi une façon de revenir à l'économie réelle plus qu'à l'économie virtuelle de la spéculation financière. Il s'agit concrètement de valoriser le syndicalisme et les droits des travailleurs, les conditions de travail, la démocratie dans le travail. C'est en définitive une forme d'investissement social : le développement économique ne peut se faire sans la valorisation du statut du travailleur. |
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| Mise à jour le Samedi, 06 Mars 2010 21:39 |
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